Dans les coulisses de « Ma parole! »

27 Avr 2021

Nos activités

En février dernier, nous dévoilions la série vidéo « Ma parole! histoires contagieuses », orchestrée en partenariat avec les Compagnons de la mise en valeur du patrimoine vivant de Trois-Pistoles et le Festival interculturel du conte de Montréal. Un projet d’envergure, sur lequel nous travaillions depuis l’été 2020. Le parcours fut riche en anecdotes et revirements de situation. La deuxième vague de COVID-19 qui a frappé le Québec à l’automne aura bousculé les tournages et mis le projet à rude épreuve. Question de mesurer le chemin parcouru – et de rire un peu, disons-le –, nous avons eu envie de vous partager un bref aperçu des coulisses de « Ma parole! »

Épisode 1: Sherbrooke

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L’épisode sherbrookois est le seul qui a pu être tourné à l’extérieur. Nous avions dans la manche un lieu de rêve: la cour arrière de la conteuse, en pleine campagne estrienne, offre une vue imprenable sur la région. Nous étions toutefois à la merci de la météo, et le tournage a (évidemment) dû être reporté au tout dernier moment. (Certains diront que quand y a pas de défis, y a pas de plaisir.)

L’un des plus beaux moments de ce tournage s’est déroulé avant l’arrivée du public et l’ouverture des caméras. Alors que David Élias, notre preneur de son, installait le micro de Petronella. Après quelques minutes à peine, nous avons réalisé que David et Petronella s’échangeaient des histoires de Nasreddine en rigolant! Qui aurait pu soupçonner que notre preneur de son était aussi un conteur qui s’ignore?

Vous l’aurez peut-être remarqué, le premier épisode de la série est aussi le plus court des trois. C’est que nous avions imposé une contrainte aux artistes : le conte qui serait retenu pour la capsule vidéo devait durer entre 10 et 15 minutes. Pour le conteur moyen, c’est déjà un défi. Mais pour Petronella, c’était l’ascension de l’Everest. Les contes qu’elle avait choisis duraient habituellement une vingtaine de minutes, et elle a travaillé très fort en amont pour les resserrer. Tellement que le jour du tournage, elle a livré deux de ses contes fétiches en 8 minutes chacun! Elle-même n’arrivait pas à y croire!

Autre fait cocasse : Petronella, qui n’a jamais rien voulu savoir des réseaux sociaux, nous a demandé de lui créer un compte Facebook la veille de la diffusion du premier épisode. Elle tenait absolument à être présente pour cette séance de visionnement collectif en direct! (La rumeur veut qu’elle n’ait jamais réouvert Facebook depuis.)

Épisode 2: Trois-Pistoles

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Pour l’équipe des Compagnons de la mise en valeur du patrimoine vivant de Trois-Pistoles, le projet tombe entre les deux parties du festival le Rendez-vous des Grandes Gueules. À la fin de l’été, l’équipe est trop chargée pour s’imaginer organiser un spectacle supplémentaire. On pense à reporter après la deuxième partie du festival. Mais on sait que la deuxième vague de la pandémie prend du galon. Et plus on attend, plus il fait froid. On se lance finalement au début octobre, juste avant la deuxième partie du festival. Au départ, on a le petit rêve de tenir le tournage sur le quai de Trois-Pistoles, au coucher du soleil. L’église réfléchissant l’orangé du ciel comme fond de scène.

On fait fermer la route du quai, on ramasse des dizaines de tapis des frères Ouellet (un classique de Trois-Pistoles) pour couvrir l’asphalte et rendre le parterre confortable. Le plan est au point. On procède donc aux invitations.

La date annoncée: de la mouille, bien froide en plus. On reporte au lendemain. Le lendemain : mouillasse, vent et froid, encore… Le surlendemain? Le festival commence. On attend la zone rouge d’un jour à l’autre. Mieux vaut se lancer maintenant. On troque donc le coucher de soleil rosissant pour l’ambiance feutrée de la Forge à Bérubé. Le public est tout de même content. On s’y sent comme à la maison.

Épisode 3: Montréal

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L’équipe de Montréal est celle qui a été mise à l’épreuve le plus durement par l’arrivée de la deuxième vague, à l’automne. Le passage de Montréal en zone rouge, dès le début octobre, a contrecarré à peu près tous les plans élaborés jusque-là. Il a fallu retarder le tournage, se remettre en quête d’un lieu. Mais surtout en quête d’une famille – la plus grande possible, puisqu’il ne pouvait y en avoir qu’une – à qui offrir ce micro-spectacle privé. On dit que tout vient à point à qui sait attendre. La patience aura finalement porté fruit! On a fini par dénicher une adorable famille d’origine marocaine avec quatre enfants de 11 à 14 ans. Ils sont rapidement devenus les personnages principaux, et peut-être les plus attachants, de cet épisode.

Le tournage, réalisé en plein cœur de la pandémie, fut une expérience magique. Dans une période où les gens étaient très isolés, le simple fait de pouvoir travailler ensemble a eu l’effet d’un baume sur toute l’équipe. Et il faut dire que cette rencontre humaine n’avait rien d’ordinaire. Avec un caméraman breton, un réalisateur mexicain (né de parents provenant d’Europe de l’Est), un technicien de son latinoaméricain, un conteur d’origine antillaise, un responsable de salle haïtien et un service traiteur piloté par des réfugiées syriennes, tous les éléments étaient en place pour une expérience interculturelle exceptionnelle. La diversité de langues et d’expériences de vie concentrée dans ce lieu par un banal après-midi de novembre a nourri une rencontre humaine hors du commun, marquée par la sensibilité et la bienveillance de chacun.e. On en voudrait plus souvent, des journées comme ça.

La diffusion

Une fois les trois épisodes tournés et le montage bien entamé, on a cru – bien naïvement – qu’on pourrait souffler un peu. Après tout, il ne restait qu’à tout dévoiler…

La diffusion des épisodes aura finalement soulevé des questionnements complexes, et donné lieu à de longues heures de réunions téléphoniques. Chaque organisme possédait une petite expérience en termes de diffusion numérique, la diffusion d’un projet d’une telle envergure s’est avérée l’un des plus grands défis de ce projet. Sans compter qu’il fallait rallier les réseaux de trois organismes avec chacun leur communauté, leurs façons de faire et leurs enjeux.

Au final, entre décembre et février, on aura changé d’avis au moins quatre fois sur la forme que prendrait le grand dévoilement.

Jusqu’à ce qu’on décide de se lancer dans le merveilleux monde du streaming en direct!

Vous l’aurez compris : nos diffusions « en direct » n’étaient pas de vrais directs. Pour diffuser via Facebook Live un contenu pré-enregistré, nous avons dû « simuler » des directs, par le biais d’un logiciel de streaming. Une technique que nous avions apprise… la semaine précédente!

Alors que vous écoutiez les épisodes tranquillement, apéro à la main, derrière son écran sherbrookois, Sophie Jeukens lançait les diapos et les vidéos en temps réel, en espérant que sa connexion Internet ne lâche pas au mauvais moment. Une opération pas mal plus stressante qu’un festival international, qui aura valu à Sophie quelques solides palpitations cardiaques.

Mais les défis, les embuches et le travail monumental valaient mille fois la complicité développée entre nos trois organismes. Ce fut un vrai bonheur de travailler ensemble. Et on espère que ce bonheur aura été contagieux, lui aussi!

Pour voir ou revoir la série, c’est par ici!

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