Une vieille licorne

23 Oct 2019

Festival Les jours sont contés

Texte: Jan L. Munk
Photo: Sophie Jeukens

La prochaine fois que quelqu’un, pivert ou autre, vous demande en mariage, pensez-y deux fois avant de répondre à la négative! C’est que l’autre (oui, celui-là, le beau mec que vous croyez être LE mâle de votre vie …) qui vous attire au fond de sa bagnole toute bien cuirée de beige-glaise à l’intérieur, et qui, au bout de sa randonnée avec vous, se met à se dévisser les membres pour les retourner, parce qu’il les avait empruntés ou loués; celui-là risque de vous faire regretter le premier que vous imaginiez mal embrasser.

Mais non, mais non! Ce ne sont pas des histoires de mère-grand à faire peur, les licornes qui lèchent le tour des oreilles, elles existent vraiment, mais aussi elles sont bienveillantes. Le seul prérequis c’est de les rencontrer sans les faire chier avec ces gâchis de prières qui emmerdent le Bon Dieu. Et tous sont éligibles! Même ces affligés comme moi ou ces avortons qu’on refuse de rencontrer du regard, ou ceux-là qui rôdent attendant à toute minute la tuile qui va leur tomber dessus, et que dire de ces gens qui portent sur soi de quoi se mutiler; oui, toutes ces personnes-là, sans méritocratie en vue.

Enfin, j’vous avoue qu’apprendre à prier la Sainte Affliction n’a jamais été aussi d’utilité. Cette nuit même, j’avais l’impression, non! La certitude, non! La preuve qu’elle m’a écouté. Pas de litanies morbides qui emmerdent le Bon Dieu (encore elle), juste un peu de doux silence, d’humilité confiante pour recevoir les bienfaits de sa Sainte douceur. Suite à cette soirée au retour chez moi, une simple prière à sa sainte barbe m’a protégée d’une pointe de pizza aux champignons douteux que cette tête flottante m’a servie en sortant de ma voiture.

Et… que j’ai bien dormi! Là où Kafka et Stephen King n’avaient pas réussi, une prière, juste sortie comme ça : «Sainte Affliction, protège mon chat, ma barbe de toutes les commotions cérébrales que pourraient me donner le pivert.» Et j’vous jure que j’ai bien dormi, tout en rêvant de goûter au pouding chômeur laissé sur le comptoir.

Mais bon, la licorne vieillit bien depuis la dernière fois que je l’ai rencontrée.

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