Spectacle de clôture

29 Oct 2019

Festival Les jours sont contésNos activités

Texte: Jan-L. Munk
Photo: Aurélien Marsan

Perché su’l’bord d’un tabouret d’quêteux au fond d’la salle, j’les entends-ti pas nous proposer une soirée sur un fond traditionnel des Cantons de l’Est… Et y avaient-ti pas d’l’audace dans l’casque? J’avoue qu’ils-z-y ont réussi rien qu’en masse. D’mon bord, leur hitouäére de Souchinet m’a tellement fait d’effet que j’ai roté la cuillère avec un ti-morceau de c’qui restait d’la poutine, sapristi d’bon sang!

Certes, les contes offerts ont un solide fond traditionnel, mais l’absurde et la science-fiction étaient au rendez-vous. Princessa avec ses cheveux blancs, sa longue robe verte et ses yeux que je préfère oublier, qu’avait-elle à faire des nonante-neuf têtes de prétendants qui n’arrivaient pas à se camoufler adéquatement? Jusqu’à ce qu’arrive le petit dernier, le centième _ il en fallait un, bien sûr_ et tellement plus jeune qu’elle de surcroit.

Et que dire du scrupuleux curé devant un sincère berger qui finit par être davantage qu’une simple histoire d’hommerie à grelots de près de chez nous, au mont Orford. Comment ont-ils fait pour dénicher ce patrimoine perdu, et si bien nous le rendre?

Le comble, ce sont vraiment ces personnages qui ont plus d’un tour dans leur sac : cette vieille qui avant de mourir laisse son dernier embryon à faire enfanter à un arbre, toujours au mont Orford. La fille se paie un prince qui devient charmant quand même. Pas tout à fait une nouvelle fin que Gudule a ajouté aux fables, mais quand même un mariage réussi, toutes proportions gardées.

Ces vieilles qu’on nous a racontées, et qui nous servent de modèle d’affirmation de soi ; une histoire d’enfer aux yeux d’une fillette qui revoit son Papi; une autre sur la dynamique de frère et sœur en Sibérie, avec une ogresse fantastique, et ce lutin qui franchement nous ramenait sur terre.

Deux conteuses et deux conteurs que je préfère voir sur scène que de rencontrer dans un conte. Merci à vous, et que dire de l’auditoire qui a participé comme s’il avait eu droit aux répétitions, tant l’animation du spectacle était solide et tout cela avec une complicité solide.

Maintenant que le festival est terminé, il faut que je me remette à fumer juste une gauloise sans filtre (juste une, je vous le promets) si ce n’est que pour conjuguer ma voix avec celle de Danielle Messia, tant l’interprétation de sa chanson était réussie sur scène. Je la fumerai de la main gauche, et je donnerai le reste du paquet de cigarettes à une copine ou à un copain du Tremplin.

Retour au blogue

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X