Dans les coulisses du festival-fantôme

04 Déc 2020

Festival Les jours sont contés

Il nous a fallu quelques semaines pour laisser la poussière retomber, comprendre un peu ce qui nous était arrivé. Le festival qu’on a vécu cet automne, il n’a ressemblé à rien de ce qu’on avait connu avant. Fallait s’y attendre. Mais après sept mois passés à se réinventer en permanence, après onze jours d’une sorte de festival-fantôme qui a passé sans trop qu’on s’en rende compte, on a eu besoin d’un peu de temps pour laisser décanter, avant de vous emmener dans les coulisses avec nous.

Chaque année, on a l’habitude de vous partager quelques anecdotes, de déconstruire un peu les murs de la Maison des arts de la parole pour vous offrir un regard VIP sur ce qui s’est passé dans les loges, dans les bureaux, loin de la scène aux petites heures du matin.

Cette année, même nos anecdotes sont différentes. Elles ont moins à voir avec les petites habitudes attachantes d’un.e artiste qu’avec nos propres tentatives de scénarisation à l’humour douteux; moins à voir avec les soucis logistiques qu’avec les bogues techniques qui nous ont donné chaud, ou les fonctionnalités d’Instagram qui nous ont joué des tours. Et vous savez quoi? Aux petites heures du matin, on dormait! Ça, c’est une vraie de vraie première.

Diffuser des spectacles, on sait faire ça. Diffuser des contenus en ligne, moins. On a appris sur le tas, et faut l’avouer, le soir de la première diffusion en mode « première », on était pas mal plus stressées qu’en coulisses, un soir d’ouverture. On clavardait en simultané, terrorisées à l’idée que la diffusion ne s’enclenche pas parce qu’on avait oublié de cocher une case ou de lire les petits caractères.

La soirée d’ouverture, on l’a passée à se regarder boire des confettis sur Facebook (parce que oui, évidemment, il y en avait dans nos verres), assises sur nos divans respectifs, avec cette drôle d’impression de semi-solitude. Une impression qui a habité notre festival au grand complet. Les applaudissements étaient remplacés par des statistiques d’audience, et on passait de longues minutes à analyser les chiffres sur l’écran pour se convaincre qu’on était au moins un peu entendues. Ça vaut peut-être pas un guichet fermé, mais on va quand même avouer que la portée explosive et complètement inattendue du premier épisode de Vide ton sac nous a pas mal émues.

Dans les trois derniers jours du festival – ceux qui sont généralement les plus éprouvants, parce que la fatigue accumulée, parce que la fleur de peau, parce que la nostalgie qui s’installe déjà tout doucement – tout ce qui restait du festival était déjà préprogrammé. On aurait pu partir au Mexique que le festival se serait terminé sans nous, ni vu ni connu. Mais comme le Mexique c’était pas trop une bonne idée (la pandémie, t’sais), on a juste bu du café au soleil sur nos galeries en attendant que ça se termine. Tout doucement.

Et nous voilà un mois et demi plus tard, aux portes du temps des fêtes.

Les bilans sont bouclés, et on ferme enfin le rideau sur la 28e édition du festival de conte Les jours sont contés. C’était un festival un peu bizarre, oui. Un peu doux-amer. Mais on va s’en rappeler longtemps. Parce qu’il a mis à l’épreuve notre créativité. Parce qu’il nous a appris tellement. Et parce qu’au final, grâce à la solidarité, à la souplesse et à la créativité de nos artistes invité.es, on a quand même su donner au conte une petite place privilégiée au cœur de notre automne.

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