« Blanche-Neige »

22 Juil 2022

Les contes que vous pensiez connaître
Blanche-Neige
 

Ce conte que vous pensiez connaître…

Qui a écrit « Blanche-Neige »? Les frères Grimm, Charles Perreault, Walt Disney? Si vous pensiez avoir la réponse à cette question ici, détrompez-vous, on ne l’a pas. Les contes merveilleux sont tellement anciens qu’on ne sait pas qui les a inventés. Ils existaient bien avant d’être mis sur papier, transmis de bouche à oreille. Ça vous étonne? Ce n’est pas tout! Il existe en fait plusieurs milliers de versions de chaque conte, que l’on retrouve partout à travers le monde. La pantoufle de Cendrillon n’est pas toujours en verre; le petit chaperon rouge ne rencontre pas toujours un loup; Aladin est parfois une jeune femme plutôt qu’un jeune homme! Dans cette petite série d’articles, on vous révèle quelques anecdotes croustillantes sur les contes que vous pensiez connaître…

 

Persécutée, empoisonnée et ressuscitée

Ça vous fait penser à un conte?  Et si nous ajoutons « miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle »?  Nous vous parlons cette fois de « Blanche-Neige », que l’on nomme souvent « Blanche-Neige et les sept nains ». Pour tout vous dire, d’une version à l’autre, ces sept nains ne sont pas toujours des nains, et ne sont pas toujours sept… ce peut être un korrigan, 12 voleurs ou 3 dragons!

Le conte de « Blanche-Neige » fait partie de ces contes merveilleux très anciens qui ont voyagé de bouche à oreille, à travers le territoire et les époques. D’ailleurs, il peut porter plusieurs titres, dont « Graine de grenade », « Zyricoque », « La petite esclave », « Ville froidure plus belle que Vala », « Oiseau du roi », « Les bas enchantés », « Boule-de-neige », « La belle de soleil », « L’ogre gentleman », « La petite Sophie », etc.

Il existe effectivement de nombreuses versions de ce conte, partout à travers le monde, en passant par l’Irlande, l’Asie, l’Afrique et bien d’autres pays, dont le Canada, où on en répertorie 19 versions. Il existe même des similitudes entre « Blanche-Neige » et des récits très anciens de diverses mythologies européennes, notamment germaniques.

 

Qu’est-ce qui différencie les versions?

De nombreux éléments varient, d’une version à l’autre! Certaines sont très surprenantes. Prenons une version libanaise par exemple, où Blanche-Neige se retrouve dans le monde des morts. Voilà une ambiance très différente de celle magique et enchanteresse de Disney n’est-ce pas?

On associe souvent « Blanche-Neige » au fameux « miroir magique » qui révèle la suprême beauté de la jeune femme, mais saviez-vous que ce miroir n’est pas présent dans toutes les versions?

 

Dans une version corse, une mère n’en peut simplement plus de voir sa fille et ordonne à des bandits de la tuer. C’est une sorcière qui lui révèlera ensuite que les bandits l’ont plutôt invitée à habiter avec eux, et qu’elle est toujours en vie. Par ailleurs, dans une version grecque, le miroir est bien présent et est appelé Soleil; tandis que dans une du Niger, on parle directement au soleil.

 

Qu’en est-il de la pomme empoisonnée qui plonge Blanche-Neige dans un profond sommeil?  C’est parfois un autre aliment, voire un morceau de vêtement ou un bijou qui est empoisonné.

 

Dans une des versions québécoises, « La petite Sophie », il n’y a pas d’empoisonnement, mais la petite Sophie va plutôt s’étouffer avec un morceau de pain, qui se délogera de sa gorge lorsqu’elle verra le prince!

 

Et ce prince… ce n’est pas toujours le seul et unique « héros » qui parvient à réveiller Blanche-Neige. Il faut dire que certains jeunes hommes tombés amoureux de la belle endormie ne découvrent pas sur le champ comment la réveiller. Les malheureux ont tendance alors à garder le corps sans vie de la belle auprès d’eux, caché dans leur chambre ou dans un coffre par exemple. Il faudra l’intervention d’un autre personnage pour rompre l’envoûtement, en enlevant le peigne, le bijou ou le vêtement qui la maintenait endormie, par exemple.

Enfin, qu’en est-il de la marâtre? Est-ce toujours une méchante belle-mère jalouse qui envoie sa belle-fille se perdre dans une forêt?  Eh non!

 

La version française « Boule-de-neige » parle plutôt de la maîtresse du prince, jalouse de la servante Boule-de-neige dont ce dernier tombe amoureux. C’est à l’aide d’une bague, d’une jarretière, et finalement d’une « eau de beauté » que la jalouse tentera de se débarrasser de sa rivale. La maîtresse se fera prendre à son propre jeu, et c’est elle qui périra.

 

Pas de forêt, ni de nains dans cette version, comme dans plusieurs autres d’ailleurs. Blanche-Neige se retrouve même parfois carrément jetée dans le fond d’un puits ou à la mer dans une caisse! Tout semble permis pour persécuter la pauvrette!

 

Alors, comment reconnaître « Blanche-Neige »?

C’est le fil conducteur du conte qui nous permet de reconnaître une version de « Blanche-Neige » : le personnage principal est persécuté, subit une forme d’empoisonnement ou un autre événement qui mène à un état de « mort » temporaire, pour ensuite être ressuscité et s’accomplir. Des centaines de variantes ont été brodées autour de ce même fil! Ce qui est d’ailleurs particulier de ce conte est que dans plusieurs versions, la fille semble morte, mais personne ne veut se défaire de son corps!

Alors, avez-vous l’impression de mieux connaître le conte « Blanche-Neige » maintenant? Ou peut-être est-ce plutôt l’inverse?

 

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