par Evelyne Papillon

La soirée s’ouvre avec Marianne Verville, poète de la région qui nous offre des extraits de son spectacle Brassée. Le quotidien, la pauvreté, la marginalité et les listes (jeux de mots inclus) sont à l’honneur. Le rapport trouble au corps est aussi évoqué avec «Cardio Nath», cette «machine de Jouvence» et la féminité ou tout ce qui se met dans une boîte est questionné. Les images sont fortes, le tout est bien ficelé, senti et nous porte à de sains questionnements.

Hélène Matte performe sa poésie dans une présentation multimédia amusante. Elle nous explique ses performances passées, nous montre les images des vêtements ou objets concernés et nous chante a capella quelques morceaux. On a d’abord l’impression d’une conférencière bien singulière, puis on la suit dans ses changements de vêtements et dans ses animations fort belles («Aimer»). Issue de Québec, elle nous livre un poème peu flatteur sur sa ville, valeurs antimilitaristes mises de l’avant, accompagné de biscuits choco-cerise pour le public qui a faim de ses mots.

La créativité fuse de toutes parts, Hélène Matte prenant plaisir à utiliser le corps, comme pour y écrire des aphorismes tels que «Il y a quelque chose de tenace dans la décomposition». Elle dit cependant ne pas utiliser le corps comme un objet de désir, mais comme un objet de contingence. Il est intéressant de voir ses anciennes performances comme le bidon d’essence rempli de lait qu’elle a versé sur elle, mais cela fait passer sa performance pour plus sage qu’elle ne l’est. On salue les multiples talents de la poète.