Par Jade Bourgeois

Le cabaret de clôture de la treizième édition du Festicourt s’est tenu dimanche soir à La Petite boîte noire. Pour l’occasion, cinq poètes aux styles très différents étaient invités à performer. Encore une fois, deux musiciens s’occupaient de l’ambiance sonore et musicale tout au long de la soirée. Benoit Converset et Bernard Riche ont improvisé de superbes mélodies à la contrebasse et aux percussions : le tout enjolivait les textes des poètes tout en leur donnant des résonances encore plus dramatiques. 

Maude Veilleux a lancé le bal avec un peu de retard : des péripéties ont ponctué la route Montréal-Sherbrooke, qu’elle a fait en… six heures! Sa prestation a tranquillement démarré la soirée, grâce à des textes très personnels et une présence calme. Des phrases en anglais venaient ponctuer ses lignes, ce qui a ajouté un peu de punch.

Ensuite, Zéa Beaulieu-April, du duo musical La Fièvre, est arrivée avec un texte en « tu », dédié à un amour malade. Chacun de ses mots était pesé – et entendu. Son récit, en douceur et en dynamisme, a touché le public.

Juste avant l’entracte, Jean-Christophe Réhel est venu lire plusieurs de ses poèmes. Amour, solitude et fibrose kystique se sont entremêlés dans un grand nombre d’images fortes et vibrantes. Une gorgée de bière par-ci par-là coupait parfois sa prose, laissant le temps au public de digérer ses émotions et le flot de paroles.

Bothism, de l’artiste bien établie Tanya Evanson, a été présentée après l’entracte. L’œuvre, inspirée de la tradition soufie, a soufflé le public. Pendant plusieurs minutes, de magnifiques images se sont succédé sur une toile blanche au rythme de la voix envoûtante de l’artiste et des notes des musiciens. L’ensemble, hypnotisant, a métamorphosé l’atmosphère et cassé le style de la soirée. À la fin, surprise! Tanya Evanson était cachée dans la salle tout le long : tous avaient cru à un enregistrement sonore. Un autre moment fort à l’image du Festicourt!

Enfin, Yan St-Onge est apparu sur scène pour un numéro de poésie exalté, éclaté et contraire à tout ce que j’avais pu voir jusqu’à maintenant. L’artiste a surpris le public avec un texte sur la neige arrosé abondamment de farine. Il l’a même déclamé les deux pieds – nus – dans un grand sac. Les musiciens jouaient fort et avec un plaisir évident, laissant libre cours à leur folie pour accompagner celle de Yan St-Onge. Une façon de clôturer la treizième édition du Festicourt avec énergie et originalité!