par Claire Jean
photo: Maïa Pons-van Dijk

Isabelle Eberhardt, née de parents russes, a vécu à Genève. En 1900, à 23 ans, elle part dans le désert, en Algérie en se faisant passer pour un homme. On l’appelait Mahmoud. Elle s’est mariée, on a attenté à sa vie, elle est devenue célèbre en France, elle a été journaliste, reporter de guerre, elle parlait 8 langues et elle a écrit des cahiers, des manuscrits racontant la vie des paysans et des habitants du désert avant de mourir à 27 ans noyée… dans le désert. En 4 ans, elle a vécu ce que bien des gens ne vivront jamais en une vie!

Catherine Gaillard a mis 2 ans à monter ce spectacle épaulée par Lamia Dorner. 2 ans pour monter un spectacle de 75 minutes dans lequel elle raconte 4 ans de la vie d’une femme hors du commun. Chapeau mesdames! On entre dans l’intimité d’Isabelle et on comprend ce qui a attiré Catherine et Lamia: la femme réfractaire, audacieuse et libre de toute convention, artiste sans aucun préjugé. Une page d’histoire se joue sous nos yeux avec calme et justesse. Catherine raconte en situant bien chaque étape de la vie d’Isabelle. Elle précise les lieux, les ambiances, les personnages du récit. Elle s’efface devant la grandeur et les aventures de son héroïne. Et on la voit Isabelle, dans le désert, à Alger, au Maroc réalisant son rêve, partageant ses écrits avec son mari Slimane. Le spectacle se termine et j’ai envie d’en connaître davantage sur cette femme du désert. Comme un désir de désert…