par Caroline Pilon-Fortin
photo: Martin Desautels

Le premier 5 à 7 du festival 2015 nous offre une soirée de conteuses.

Ce sont en effet trois femmes qui nous offrent leurs contes en cette fin de journée nuageuse, dans le café bondé de la rue Fontenac : Christine Bolduc, Christine Pageault et Myriam Pellicane. La thématique : le courage

Sans être explicite, cette thématique se retrouve pourtant partout dans les prestations. Elle se retrouve dans les histoires partagées; dans la présence des conteuses; dans l’audace de leur message. Elles nous rappellent que le conte est un lieu de rassemblement, un lieu de parole et d’imagination. Un lieu où l’on peut tout dire.

Christine Bolduc démarre la soirée. Elle offre une version remaniée du Petit Chaperon rouge. Cette réappropriation réussie est un hymne à la force des femmes. Suit Christine Pageault, qui nous conte avec cœur le destin d’amour d’une femme. Une Maryse qui embrasse son destin à travers les mots. Ces mots la mèneront, à force de patience, jusqu’à l’homme qu’elle réussit à transformer et à aimer. La soirée est lancée en beauté.

Puis, débarque une Myriam Pellicane qui a traversé l’océan pour offrir la deuxième de ses performances prévues au cours du festival. Elle propose une histoire de chevalier, de femme diabolique et gluante et de princesse transformée en chèvre. La conteuse déconstruit les figures classiques du conte et nous entraîne dans un lieu d’imagination débridée. Ajoutez-y cette énergie contagieuse et une présence scénique puissante et vous commencerez peut-être à comprendre ce que Myriam Pellicane a à offrir. Le public est interpelé par sa présence; on réagit, on pose des questions et on répond à celles qu’elle pose. Elle n’est plus seule sur la scène, mais c’est elle qui tient la clé de l’histoire et on voyage avec elle.

Le premier des nombreux 5 à 7 du festival fut sans contredit une réussite. L’ambiance chaleureuse de l’endroit et le public joyeux y sont pour beaucoup, bien sûr, mais rien n’égale jamais des présences féminines puissantes. Surtout lorsqu’elles ont une histoire à raconter.