par Jan-Lépold Munk

Qu’on se le dise, la Maison des arts de la parole est quand même la capitale du conte à Sherbrooke, mais de là à vivre une soirée à la canayenne, c’était un bel imprévu!

C’est que du personnage de Ti-Jean de notre répertoire ancestral, plusieurs d’entre nous auraient pu avoir tendance à se faire une idée pour le moins traditionnelle, voire caricaturale, sauf que la livraison tant du personnage que de la mise en situation et de la finale a été superbement réussie avec Donald Dubuc et son violonneux.

Le conteur nous fait habilement voyager dans le temps avec Ti-Jean, ses frères, sa mère, le cheval pour le moins féérique, les rois, et des princesses sans prétention, surtout intelligentes et pas juste belles, qu’il vaut la peine de convoiter, des objets magiques en trio, rien de gratuit. Bref, on s’est payés un sacré voyage dans le temps.

Le spectacle était lancé avec une gigue où les pieds cognaient un peu timidement le plancher au rythme du violon, pour graduellement voir les trois contes livrés avec verve. L’auditoire était suffisamment réchauffé du cœur pour se prêter au jeu de la surprise finale: nous avons eu droit à une vraie soirée canadienne, danse carrée et en cercle, main dans la main. La partie dansante était juste assez longue pour marquer nos souvenirs d’un bon p’tit voyage dans le temps, juste assez courte pour retomber dans le présent sans être complètement désorientés.