par Caroline Pilon-Fortin
photo: Jehanne Bergé

C’est un enchanteur trio de femmes qui a animé hier le café The Singing Goat de Sherbrooke. En effet, Jennifer Cayley, Jan Andrews et Patti Warnock ont, chacune à sa manière, évoqué un vieux savoir : le savoir des femmes. Leur présence, leurs gestes, leurs intonations et leur stature rappellent ces vents puissants du nord. Leurs phrases sont des souffles transportant des leçons très anciennes et leur parole est juste et vraie. Elles nous transmettent l’esprit de ce qui a réussi à être préservé de la tradition orale ancestrale.

Avec Jan Andrews, nous avons rencontré le peuple des Sidh (prononcé  »shi »). Ces  »fairy people », expression traduite de façon littérale par  » le peuple des fées », partagent le monde des hommes mais ne s’y mêlent pas. On y suit une mère qui cherche à retrouver son enfant pris en charge par deux Sidh femelles. Cette mère devra s’élever au niveau de  »perfection » de ce peuple mystique afin de lui offrir un bien encore plus précieux que peut l’être sa progéniture. Patti Warnock nous entraine pour sa part à travers son enfance magique dans la toundra. Elle nous raconte les femmes qui ne meurent jamais complètement dans ces étendues glacées et qui ne se privent jamais de la chaleur d’un feu. Jennifer Cayley, elle, nous conte la quête de la lumière et nous rappelle ces trolls plutôt brillants qui tentent d’attirer les enfants dans leur cuisine pour les manger en ragoût. Bref résumé d’une série de contes bien enchaînés.

Chacune de ces trois femmes touche au thème universel de la quête intérieure et des épreuves à traverser pour atteindre la réussite, et ce, à travers des yeux de femmes la plupart du temps.

La force métaphorique de ces contes est en soi une richesse que nous avons la chance de ne pas avoir perdue grâce à des femmes du calibre de ce trio. Ces voix sont des ancres nous ramenant vers le lieu commun où nous pouvons toutes et tous nous rassembler pour écouter.