par Marie-Pier Boisvert

Il fait chaud derrière le bar, à la Maison des arts de la parole.

Je le sais parce que j’y étais hier, et ouais, c’est vrai, il faisait chaud partout dans la MAP, mais de ma position privilégiée de barmaid, j’étais dans une draft d’air chaud émanant de l’arrière du mini-fridge. Pour ajouter 3-4 degrés aux 30 déjà bien établis (voir aussi : sueur dans le front, jambes décroisées.)

Pour lancer le recueil Marques déposées de Nicholas Giguère, les éditions Fond’tonne nous conviaient à un 5@7 de type « bouillant », featuring les talents de Sébastien Dulude, Anthony Lacroix, Olivier Lussier, Guillaume Dufour-Morin, Pascal-Angelo Fioramore et, bien sûr, l’auteur dont on célébrait le recueil.

(J’avoue qu’en voyant le line-up je l’ai trouvé un peu (trop) masculin, mais Nicholas queerait assez la place pour que j’accepte.)

C’est Sébastien Dulude qui a pris le micro d’abord, pour nous lire des extraits de Marques déposées. Habillé d’un sac-poubelle orange (en guise d’imperméable ou de costume de citrouille? nul ne le sait) et cuisinant sous nos yeux un paquet complet de bacon recouvert d’huile à moteur (il déclarera : « Le gras, dans notre monde, c’t’un carburant »), Dulude nous a déferlé des poèmes fumants de sacs Ziplocs, de Scott Towels, de 6/49 et de doctorants bus-boys au Mikes. Fallait voir le visage des quelques doctorant-e-s dans la salle se crisper à cette idée : comme quoi ça leur est déjà passé par la tête…

Nicholas a pris le relais ensuite pour nous asperger de Febreze et nous saupoudrer de Splenda. Jamais marques n’auront été si bien utilisées : on s’est fait servir du beau en barres (Mars) et du terrible en condensé (Campbell, aux tomates).

On a été bercés (!) par Fioramore. On a moppé le plancher avec Dufour-Morin. On est partis en drunken road-trip avec Lussier. On a sué notre alcool avec Lacroix.

Juste d’y repenser, des gouttes perlent sur mon front.

Vous ai-je dit? Y faisait chaud hier, à la Maison des arts de la parole.

photo: Maïa Pons