Texte par Audrey Bacon
Photo par Serge Lapointe

Pour le spectacle de Louise, l’éclairage était différent, plus diffus qu’à l’habitude. “I need to see the people I’m telling my stories to. “ Cette simple phrase nous donnait déjà une idée assez juste de la raison pour laquelle Louise est conteuse.

Elle conte les histoires de sa famille, les histoires de son territoire, des générations avant elle et de son peuple. Elle conte nous raconte ce qui fait d’elle la femme qu’elle est, car c’est en regardant derrière que nous comprenons où nous sommes rendus. Elle conte pour partager, pour propager les légendes et les histoires qui l’ont bercée et qui l’accompagnent toujours.

Cette soirée là, nous avons découvert The Boy Who Went to the Moon. Un couple incapable de concevoir, un souhait qui se répercuta dans l’univers, un tout petit bébé trouvé. Il pleurait toujours, sauf lorsque sa mère le berçait hors de la tente, sous la lune. L’enfant ne devint jamais très grand, et ses parents se doutaient qu’il n’était pas… comme eux. Un jour, la communauté dans laquelle ils vivaient tous fut menacée par l’absence de caribous. L’enfant proposa de ramener les caribous grâce à une chanson magique, en échange de la meilleure partie du caribou. Il chanta, mais la tribu ne lui apporta pas son caribou. Alors, triché par les humains, bien trop humains, il retourna d’où il venait. La légende explique que c’est pour cette raison que les caribous voyagent avec la pleine lune, transportés par les chants de l’enfant, qui continue d’aider les humains malgré leur nature.

Louise, à la fin du spectacle, s’est adressée à une jeune spectatrice et lui a demandé, tout doucement, tout simplement, de raconter cette histoire à son tour et de la partager autour d’elle.