par Claire Jean
photo: Yves Saint-Pierre

Nadine Walsh, fille du Saguenay à l’accent chantant, entre dans la salle. Elle conte entourée d’une exposition des photos de Guy Tremblay. Photos de forêts, de cours d’eau et de champs en noir et blanc. Elle s’amuse à prendre le public à témoin, elle chante et on aime lui répondre. Elle raconte nos aïeules, les filles du Roy. Elle explique notre langue. Elle parle aux filles, aux femmes, aux mères et tout le monde se reconnait. On écoute et on apprend l’histoire de Marie Guyart, mieux connue sous le nom de Marie de l’Incarnation. Sa détermination à tenir tête aux Iroquois et aux dirigeants de la Nouvelle-France ont fait d’elle LA fondatrice non officielle de la ville de Québec.

Nadine conte avec enthousiasme comme l’illustre cette histoire de l’organe féminin qui a pour seule fonction de donner du plaisir. Réussi et drôle à souhait. On danse avec elle au mariage du diable et de la vieille fille du village, on court avec Loup masqué pour fuir LA monstre qui a juste une grosse tête et des petites mains et on écoute le curé dire aux gens du village qu’ils n’ont pas la foi.

La précision des gestes de la conteuse, le plaisir de bouger, la délicatesse des chants et les descriptions colorées, tous ces éléments participent à la réussite du spectacle. Elle tisse des liens avec le public. Elle est à l’écoute du moindre changement de position, du moindre froncement de sourcils. Nadine, œil de lynx.

Avec elle, grâce à elle, on redécouvre notre terre, notre langue, notre fougue, notre audace, nos travers et on en redemande.