par Serge Lapointe
photo: Anthony Lacroix

Sept monologues. Tenant plus du théâtre que du conte, ce surprenant enchevêtrement d’univers est le fruit d’un exercice où l’auteur a voulu s’imposer des contraintes nombreuses et complexes, en mettant en scène sept personnages, dont chacun illustre l’un des sept péchés capitaux.

Tantôt chauffeur de taxi et ex-combattant au front, tellement habité par son passé qu’il ne se soucie même pas de savoir où son client veut aller et qu’il laisse déferler son histoire en un flot continu; tantôt femme au mari trop souvent absent, invitée à passer le réveillon chez son voisin, qui la laisse seule, s’absentant pour une commission; tantôt itinérant parlant à des lessiveuses dans une buanderie, Pépito Matéo nous a promenés dans un monde embrouillé, teinté de folies et de délires.

Sa performance, pas toujours facile à suivre, n’aura, je pense, laissé personne indifférent. Certains ont beaucoup aimé, sans réserve. Quelques-uns, pas du tout. Plusieurs en sont sortis perplexes.

C’est que l’exercice, pour le spectateur, demandait une concentration de tous les instants et une oreille très attentive pour percevoir les monologues parfois difficiles à entendre, livrés dans une langue pas toujours facile à comprendre.

Mais que nous reste-t-il de ce spectacle, une fois la surprise passée et avec quelques pas de recul? Certainement le portrait d’une humanité aux prises avec ses démons intérieurs, d’individus au seuil d’une folie que l’on peut reconnaître autour de nous et dont nous sommes parfois les témoins ébahis.

Assez loin du conte dans sa forme et, à la limite, dans son contenu, ce spectacle, sans nul doute, nous a présenté, assez brillamment, un autre volet du vaste monde des arts de la parole.