par Evelyne Papillon

Jean-François Vachon a fait la première partie tout en questionnements existentiels. Il nous avise d’abord qu’il n’est «pas dedans», état socialement inacceptable. Cela le conduira au «branwash», une diète fibreuse sectaire où, contre toute logique, on tue des poules heureuses. Il s’interroge ensuite sur sa virilité en rentrant dans les stéréotypes à cœur joie. Le monologuiste aux images poétiques était en grande forme, malgré ce qu’il prétendait.

Le musicien Philippe Lonergan commence en jouant d’un instrument inédit, qu’il a créé à l’aide d’un baril et de cordes de banjo. Il joue des airs folk et fait des effets de steel guitar fort intéressants. La chimie est évidente entre lui et Amélie Prévost dont les textes sont bonifiés par ses interventions.

La poète s’avère dynamique, ses mots sont riches, réfléchis, trash, drôles, touchants, tout cela en même temps. Les images sont choisies avec soin et les mots sont puisés tant dans un registre plus littéraire que dans un autre très familier. On reçoit ses messages sans jamais qu’ils soient moralisateurs ou déprimants. Une douceur et un positivisme côtoient une rage de vivre et une révolte. Ses thèmes sont d’actualité et toucheront tous les âges : la vie c’est maintenant, l’indifférence face aux nouvelles, la signification de la liberté, être une femme sans enfants, être contemplatif, le sens du vieillissement, le rôle du mensonge, etc.

Le duo bien rodé nous fait passer un excellent moment. Ils se font plaisir et nous font du bien par ce mélange d’introspection et de défoulement qu’ils permettent.