par Amélie Aubé Lanctôt

Hier soir, pour une quatrième année consécutive, le centre d’art actuel Sporobole accueillait dans ses locaux le festival du texte court pour une soirée qui serait sous le thème de « Mémoire vive ».

Le public a d’abord eu droit à une vidéo-poème de Daphnée Cheyenne interprétée sur un fond de musique mélancolique. Des images simples, au ralenti – comme une main qui se tend vers l’autre, mais dans le vide – ponctuaient des phrases dont le mal d’amour qui gouverne ce siècle était un thème fort : « Mes cuisses font I need you le monde ».

Armé de sa contrebasse et de ses partitions, Hugo Blouin nous a ensuite offert une performance de ce à quoi ressemble la musicalité du langage lorsqu’on s’attarde à écouter de réels et vieux messages de répondeurs ainsi que les écoutes électroniques enregistrées de la commission Charbonneau. Il va sans dire que plusieurs de ses propos retenus ayant un contenu absurde, et l’étant encore plus sous les feux de la rampe, le public a ri un bon coup. Faisant preuve d’une véritable démarche artistique ainsi que d’une aisance sur scène qui sait savamment doser les échanges avec le public, l’artiste a eu droit à deux mains d’applaudissements avant même la fin de son spectacle.

De son côté, Marc-Antoine K. Phaneuf nous a offert trois diaporamas photo de ses Fins périples dans les vaisseaux du manège global qui étaient commentés de brèves et percutantes phrases poétiques où, passé sous le peigne fin de l’intelligence, le sort réservé à ces tristes et indescriptibles images d’une misère humaine assez trash était le sarcasme et l’ironie.

Avec cette seconde soirée réussie, on peut dire que le festival du texte court sait allier à sa programmation ce qu’il y a de plus actuel en poésie au Québec.

photo: Anthony Lacroix