par Maude Huard
photo : Anthony Lacroix

C’est hier que se terminait la 11ᵉ édition du festival du texte court. Cinq artistes ont performé sur la scène de La Petite Boîte Noire, accompagnés de deux musiciens : Benoît Converset à la contrebasse et René Zeledon au saxophone qui, grâce à leur écoute active et leur sens de l’improvisation, ont su donner un relief unique aux textes. 

Après nous avoir avertis qu’il était allergique à la pénicilline, André Gélineau donne le coup d’envoi, installé derrière un instrument inusité qui se joue, dans son cas, « avec un ou deux doigts ». Il nous parle de sa tante Marie Nathalie, qui a rescapé son adolescence, nous décrit, d’une voix bégayante d’angoissé, un site inquiétant, tueurenserie.org, qu’il devrait éviter à tout prix sans toutefois en être capable, nous présente son ancien voisin, Reynald Gagnon, celui qui lui vendait des grenouilles quand il était tout petit. Simon Boulerice fait ensuite son apparition sur scène, déguisé en chauve-souris afin d’incarner un caissier du Jean Coutu tentant de trouver un vampire de qualité sur une piste de danse. Il nous montre, à travers les mots de Danser à capella, qu’il peut tourner trois fois sur lui-même quand il danse nu-bas. Pour clore la première partie, Julie Bernier nous offre plusieurs textes courts : elle nous raconte son trajet Chicoutimi Sherbrooke, se présente comme étant, entre autres, « la même robe que toi à ton bal de finissantes mais deux tailles plus petites » et nous lit une lettre à la reine remplie de sarcasme.

Daphné B. ouvre la deuxième partie avec deux présentations multimédia impliquant d’abord le clip de Justin Bieber, « Somebody to love », puis « Summertime sadness » de Lana Del Rey, sur lequel les gens du public sont invités à twitter des vers ensuite réunis en poème. Simon Boulerice nous revient en deuxième partie afin de nous lire ce qu’il présente comme un conte pour enfants, dans lequel un petit garçon trop gras et trop gracieux danse, malgré les moqueries, un gâteau Vachon écrasé sur sa tête. Il danse, c’est plus fort que lui. Jean-Maxime Lévesque clôt le spectacle avec cinq slams qu’il choisit en fonction de la musique. Il nous parle de l’univers, des étoiles et des trous noirs, nous  transporte dans une automobile sur l’autoroute de Mille bornes, nous demande d’imaginer un chevalier, vêtu d’une cape de douche, un preux chevalier qui se bat contre son ogre de père et qui « comprend la violence inouïe des mots ». Il déclare qu’il a un bernard l’hermite dans son oreille avant de terminer sur un texte fracassant.

Le public quitte la salle avec des images plein la tête et une promesse : le retour du festival du texte court l’an prochain.