par Marie Lupien-Durocher

Qui a dit que contes de Noël devaient systématiquement rimer avec Père Noël et lutins? En ce chaud dimanche matin de décembre, Stéphanie Bénéteau nous a fait voyager d’une culture à l’autre, nous a présenté le temps des fêtes sous un tout autre angle. Saviez-vous qu’en Italie, Noël se fête le 6 janvier?  Bien avant que le Père Noël n’existe dans ce pays, Befana, une vieille dame, faisait déjà le tour des maisons pour y déposer des présents aux enfants endormis. À califourchon sur son balai volant, elle espère encore aujourd’hui trouver l’enfant qui apportera la paix sur la terre. Stéphanie nous a bien avertis, si on voit une sorcière dans le ciel en décembre, ce n’est pas qu’elle s’est échappée de l’Halloween, c’est qu’il s’agit de la Befana!

Le temps des fêtes est aussi le moment du solstice : la journée la plus courte, la nuit la plus longue. Les premiers peuples pouvaient avoir cette crainte que les journées raccourcissent jusqu’à ce que l’horizon dévore le soleil à tout jamais. Les Abénaquis savaient bien que l’astre du jour était né pour rester! Même les ours ne peuvent l’empêcher de se lever quand les tamias rayés chantent sa gloire au matin. Et que dire des landes de la Bretagne qui cachent des fairies les soirs d’Halloween et dévoilent des trésors sous les menhirs entre les douze coups de minuit, chaque 24 décembre. Ou de ces animaux de la savane qui ont nommé la tortue reine des animaux.

Sans aucun doute, les jeunes oreilles tout comme les grandes ont été charmées par ces récits bien construits, de même que par la voix posée et la gestuelle gracieuse de la conteuse. Même le plancher de bois de la Maison des arts de la parole est resté muet, toute l’heure durant, emporté dans l’imaginaire de ces contes d’autrefois. Il faut dire que le public était composé de fins connaisseurs, des enfants de conteurs pour la plus part, accompagnés de leurs parents qui n’auraient pour rien au monde voulu manquer le passage de cette artiste magnifique.