texte et photo: Anthony Lacroix

On dit toujours projette-toi, imagine-toi, figure-toi la scène, ton spectacle, le public. Mais quand rien ne se passe comme il se doit, il n’y a que l’expérience pour tout rattraper.

Nous pensions que le spectacle se déroulerait pénard, dans une salle de classe, sous les néons, avec des questions d’étudiants. Notre petit trio est finalement entré dans un amphithéâtre avec projecteurs et pianos à queue; digne d’un shooting de calendrier.

Ça n’allait pas. Myriam Pellicane ne se sentait pas prête pour une prestation de cette envergure. Elle est montée sur la scène et marchait de long en large, trente minutes avant le spectacle.

J’avoue avoir été inquiet; Marie-Christine (Trahan, qui les accompagnait) a dit « tu vas voir, ça va être une leçon ce qu’elle va faire ». Myriam s’est approprié la salle en un tour de main, nous faisant changer l’éclairage et monter sur la scène 70 des chaises de la salle.

« Assoyez-vous en avant ». C’était le mot d’ordre.

Myriam a réchauffé le groupe d’étudiant-e-s avec un conte à répondre, pour leur faire réaliser qu’ils n’avaient pas besoin de prendre de notes. Puis, tranquillement, elle a allongé ses histoires. Les étudiant-e-s se réveillaient à son rythme et lâchaient leur cellulaire.

Elle a terminé en apothéose avec son conte sur la « languette », devant des étudiant-e-s qui salivaient, ou bien croisaient les jambes.

Il est toujours épatant de voir une professionnelle à l’œuvre, de la voir maitriser une salle et un public en un instant.