par Jean-Sébastien Dubé
photo: Maïa Pons-van Dijk

C’était la première fois que j’entendais Daniel L’Homond. J’en avais entendu parler; je savais qu’il était une des grosses pointures en France. L’accent du sud-ouest, la culture d’oc, l’accordéon ou la guitare, l’auteur et poète, le globetrotter qui commença à conter au Québec en 1979.

Il reste assis, la voix grave, et se lance dans l’histoire de Pontouquet qui peut se permettre des vacances de rêve pour cause de chômage… Et c’est ainsi que l’on passera la soirée, entre commentaire social et poésie. Friand de jeux de mots, le conteur nous présente ainsi des amoureux transis qui font fondre des glaçons citron-orange pour y récupérer les mots d’amour qu’ils n’ont pas osé se dire directement.

Dans l’imaginaire foisonnant de L’Homond, Pontouquet devient le pantin, l’émissaire d’un périple baroque. Il n’est pas héros mais témoin dépassé par les événements. Il se heurte à mille obstacles plus fabuleux les uns que les autres.  Il traversera la Guerre d’Espagne, le Pays du Rémouleur de mots, Tokyo, dansera littéralement avec la Mort, avant de finir changé en moineau au milieu d’une kermesse. Et on apprend que les moineaux sont comme les humains : « Ils aiment la liberté, mais il leur faut la cage. »

Des intermèdes chantés à l’accordéon permettent au spectateur une salutaire respiration avant de replonger dans toute cette richesse verbale.

On reste un peu sur notre faim… Le voyage est-il déjà fini?