par Josée Courtemanche

« Une histoire, c’est un mouvement »
– Michel Hindenoch

Se faire raconter une belle histoire nous ravit, mais se la faire raconter par Michel Hindenoch ajoute au plaisir. Je dirais même plus, cela devient un moment privilégié où tout l’art de raconter fait frissonner nos oreilles. Comment réussir, avec ce simple texte, à vous rendre l’effet Hindenoch? D’abord, il y a sa voix, tranquille et forte. Polie, elle ne force rien et coule jusqu’à nos oreilles.  Ensuite, la musique s’élève et rythme les mots. Elle monte dans l’air et nous enveloppe. C’est simple, quand Michel Hindenoch conte, je flotte.

« Les oiseaux m’ont dit » est un spectacle de cinq contes habités par des volatiles de toute sorte : un peu sorciers, astucieux, bienveillants, déplumés ou diseurs de vérité. Les contes s’assemblent, se complètent et se répondent, chacun ayant son rôle et participant à l’harmonie de la soirée soit en nous étonnant, en nous faisant réfléchir, en nous attendrissant ou encore en nous faisant rire.

Michel Hindenoch est seul sur scène avec ses deux instruments de musique : une flûte de pan, un peu trafiquée pour obtenir le son qui lui est particulier, et une cithare hongroise. Il est seul, mais lorsque son visage s’anime, les personnages apparaissent. Avec une économie de mots et de gestes, Hindenoch réussit à évoquer les actions et les émotions. Il en donne juste assez pour que le spectateur puisse construire son histoire à lui, dans sa tête. L’histoire devient ainsi « un mouvement » qui part du conteur pour se rendre au spectateur et du spectateur jusqu’au conteur.

Mais si vous le demandez à Michel Hindenoch, il vous dira que le conte ne part pas du conteur. Le conteur s’efface devant le conte. Il n’est qu’un relayeur.