par Marine Pouyfaucon
photo: Shant Shahbikian

« Bonjour ceux qui sont devant! Bonjour ceux qui sont assis derrière ceux qui sont devant! Bonjour ceux qui sont au fond! » Après avoir délié nos pouces et ouvert grand nos oreilles, Françoise Diep et Tom-Petit-Homme nous souhaitent la bienvenue. Les jeunes enfants sont nombreux à cette deuxième matinée de contes pour petites oreilles! Françoise Diep a l’art de créer une atmosphère chaleureuse dans laquelle on se sent à l’aise et en confiance. Tom-Petit-Homme veille sur nous, c’est le gardien de la peur : « S’il y en a trop, il en fera une petite boule. » Et c’est parti!

L’histoire du câlin et sa berceuse, presque incantation magique, vient chercher les petits comme les plus grands.

Puis, « Ça commence par un sac rouge! » chuchote mon petit voisin : la vieille Madame Souris fait son apparition. Un peu sorcière, elle jette un sort à la souris-tireuse de langue. Façon kamishibai (à l’aide de planches illustrées), on suit les mésaventures de la souris gourmande qui prend la couleur de chaque aliment qu’elle mange.

Les trois amis qui ne voulaient pas finir en rôti construisent trois maisons plus solides les unes que les autres : une version des Trois petits cochons où le loup n’a pas seulement soufflé, mais a aussi hurlé, tapé des pieds, et pété pour le plus grand plaisir des enfants!

Françoise Diep prenait soin entre chaque histoire de s’assurer que son petit public allait bien. Très à l’écoute, elle a le souci que les enfants soient toujours là, dans le moment présent. Étirements pour se dégourdir, regards aussi malicieux que bienveillants, comptines, kamishibai et jeu de doigts… Elle réussit à merveille à varier les rythmes pour les faire voyager en douceur, nous embarquant nous aussi pleinement par la même occasion.

On est sortis de la dernière histoire comme des précédentes, sur la pointe des pieds. Puis la conteuse a rangé les histoires dans les oreilles de Tom, sous les yeux encore pleinement attentifs des enfants. Atterrissage en douceur: elle nous a ramenés à la réalité en nous invitant à transmettre ces contes. Quel que soit l’endroit où les histoires de ce matin se sont retrouvées à l’intérieur de nous, petits et grands, à nous de les raconter maintenant.