par Evelyne Papillon
photo: Maïa Pons-van Dijk

Le titre du spectacle, Portnawak, signifie «n’importe quoi» en verlan. On est prévenus.

Ça commence avec l’histoire d’un magicien qui sort vraiment de tout de ses manches, y compris des réfugiés politiques. L’humour absurde est à l’honneur dans ce conte décousu faisant état du cinéma d’auteur international, celui de Kowarsky, s’entend. Il déforme de réels noms de films comme cet auteur qui aurait fait Les oiseaux se cachent, puis Pour mourir. Il nous parle de ce réalisateur japonais qui filmait seulement les genoux de ses acteurs ou pire de cet autre qui filmait entre les acteurs, mais insistait tout de même pour prendre des comédiens très chers. On a droit à de nombreux ralentis, à des personnages filmés dans le noir et à des documentaires ridicules (cités puis sous-titrés).

Le conteur prend son rôle de conférencier au sérieux et lit de temps à autre ses notes, généralement pour en tirer une interminable citation obscure qui fera jaillir le rire ou l’incompréhension amusée du spectateur. Ainsi, dans sa grande sagesse, il nous rappellera que «la mort est toujours une nouveauté». Il posera aussi quelques questions philosophiques déroutantes au cours de la soirée.

Il y va même d’une chanson sur sa belle Philomène, qui a quelque chose que les autres n’ont pas… de la barbe comme le mari de Petronella. Car Kowarsky arrive à glisser des références aux autres conteurs passés lors du festival jusqu’à présent. Il dit même que tout a déjà été raconté et que c’est pour cela qu’il nous commente le film à la place.

Pour les amateurs d’absurde, ce spectacle est du bonbon.