par Florence Hellin
photo: Anthony Lacroix

Les lumières s’éteignent, la Salle le Tremplin se vide et ses portes se ferment. Clap de fin de la 21e édition du festival Les jours sont contés. Je ne sais pas si c’est la pression qui retombe ou si c’est l’émotion qui me fait doucement chavirer sur le trottoir de la Wellington Sud. « Il faut être un peu masochiste pour organiser des festivals » m’a dit Sophie Jeukens. C’est vrai. Avant le festival, on court après le temps : les semaines filent entre les doigts, le désordre des bureaux grandit et les tâches s’accumulent sans qu’on en voie le bout. Pendant le festival, on court tout court : d’une représentation à l’autre, d’un imprévu de dernière minute aux coups de fil pour le résoudre. On combat la fatigue en buvant beaucoup de café ou en faisant des siestes sur un lit de fortune, bricolé avec les coussins normalement réservés aux spectacles pour enfants. Pendant dix jours, on vit à cent à l’heure, mais au moment de la conclusion, ce sont mille petits plaisirs que l’on retient : la première rencontre avec les conteuses et conteurs, la motivation de la fidèle équipe de bénévoles, les « Beaucoup » et les « À la folie » cochés sur les sondages, les compliments sur l’affiche réalisée par Maïa Pons, les spectacles scolaires qui réveillent l’imaginaire des étudiants, le chocolat chaud des dimanches matins, les repas du midi préparés par les bénévoles et ceux du soir par Sylvie au Café créatif au Croquis, les « mercis » offerts par les conteuses et conteurs, les spectateurs, les bénévoles… Oui, on est un peu masochiste quand on organise le festival Les jours sont contés : il n’est pas facile de se remettre de ces semaines où les spectacles et les moments «entre-les-contes » ont à ce point embrassé la palette des émotions.

À mon tour de tout simplement vous dire merci.