par Petronella Van Dijk

Ambiance très tranquille, peu de monde. L’équipe de bénévoles et les deux conteurs s’installent et lentement quelques personnes les entourent et font cercle dans la partie du fond du café où, depuis le début, quelqu’une travaille attentivement sur son ordinateur. Et puis la musique s’éteint, les deux conteurs commencent.

L’un après l’autre. François Lavallée (Québec) et ensuite Achille Grimaud (Bretagne). Ils se présentent en énumérant d’abord leurs points de repères géographiques comme une litanie poétique qui nous emporte déjà dans le voyage. Et puis François nous présente la Bonne femme Misère et son pommier redoutable, celui-là même qui enfermera la mort pour des années… noires! Ensuite, Achille prend le relais avec des «Nasreddine» bretonnants et l’histoire du palais à 72 étages, 72 serviteurs et ainsi de suite. Dans leurs paroles s’insèrent du chant, de la réponse, du rythme et il me vient qu’ils sont comme des frères. Des jumeaux, mais hétérozygotes. Pareils, mais pas pareils. Même genre de répertoire, même genre de rythme, même genre d’énergie et pourtant chacun sa personnalité. Des complicités joyeuses et de la tradition qui nous interpelle jusqu’à aujourd’hui.

Pour clore ce moment bon enfant, Marine Pouyfaucon y est allée de son partage des oies par nul autre, encore, que ce Nasreddine fou sage. Une vingtaine de personnes étaient ravies et la «quelqu’une» du fond qui travaillait attentivement sur son ordinateur a fini par le fermer et être complètement présente à ce qui se passait à côté d’elle, grand sourire aux lèvres.