par Ninon Chénier
photo: Anthony Lacroix

Dans les pétales de rose, son ourson l’attendait, patiemment assis sur sa petite chaise rouge au beau milieu de la scène. Puis, dans l’ombre, est entrée Renée Robitaille pour nous présenter un petit monstre d’enfant, la petite Renée abandonnée par sa maman. Récit après récit, une demande insistante d’avoir le droit d’être une petite fille qui a souffert de ne pas recevoir une présence aimante et rassurante: un grand vide s’est creusé à l’intérieur. Une petite fille qui a dû devenir adulte dès l’enfance. Qui suis-je lorsque les adultes m’ignorent? Un vide fracassant: mon père me regarde, il me voit! Suit un très long silence.

J’aurais apprécié que Renée Robitaille, habitée par cette petite Renée abandonnée et courageuse, nous montre aussi la souffrance de l’enfant ayant vécu l’injustice de ne pouvoir exister aux yeux d’un papa et d’une maman aimante.

Certains moments, habilement structurés par des onomatopées, créent un magnifique espace sonore qui reconstruit une scène en soi. Des sons uniques jumelés à des gestes intenses et discrets font se dégager l’intensité de ces moments très courts. L’art d’illustrer des éléments infiniment subtils de même que des silences criants par une chorégraphie gestuelle et des mimiques silencieuses.

Et que dire de l’humour, qui parfois surprend agréablement, comme cette sorcière-ogresse aux énormes seins flottant dans l’eau débordante d’une pièce inondée?