Texte par Marine Pouyfaucon
Photo par Louis Astoux

« La fantaisie, c’est le petit truc comme ça, qui met de la saveur dans l’existence. » commence Jeanne Ferron, en claquant des doigts, les yeux pétillants. On n’a pas besoin d’en entendre beaucoup pour en être déjà convaincu. Jeanne Ferron, la fantaisie, elle en a GROS COMME CA. Ça goûte bon depuis notre chaise. Ça fait du bien à voir, ça fait du bien à vivre, ça fait du bien pour démarrer la journée, ça fait du bien tout court.

Aaaah, que j’avais hâte de revoir Jeanne Ferron. Elle m’avait laissé un souvenir très fort de son passage il y a deux ans, tant auprès des adultes que lors de son spectacle pour enfants.

Je n’ai pas été déçue. Jeanne Ferron pleine de fougue chante toujours des ritournelles de son cru aussi brillantes qu’hilarantes, et qui font autant rire les petits que les grands, ce qui est quand même un grand défi. Elle me séduit par son unique et incroyable gestuelle qui accompagne l’épopée de ses multiples personnages hauts en couleurs : le mouton Ronflonflon qui a renversé du lait partout, le mini lutin Ramène-ta-fraise (vert et rouge comme une fraise) convaincu qu’il y a toujours une solution à tout, le serpent qui aime boire au biberon, la vache qui veux se faire coudre un tablier, le tailleur gourmand qui aime les tartines de miel, l’abeille raffinée qui souhaite parfumer son miel avec des roses, un rosier qui veut se faire caresser par les rayons de la lune, et enfin, la lune et son secret (que je ne vous révélerai pas bien entendu). Heureusement que ma petite voisine était là pour crier, de plus en plus fort au fil de cet imprévisible conte de randonnée : « ELLE ADORE LES CADEAUX ! »

Jeanne Ferron m’impressionne par son inventivité, sa fantaisie et son sens de la répartie. On dirait que chaque geste, chaque mot, chaque mimique est à la fois extrêmement bien calée et totalement improvisée.

Quand la randonnée a eu fini d’être déroulée et que le mouton Ronflonflon s’est envolé dans le ciel accroché à son biberon à réaction, on a entendu une petite voix dans le public : « Moi, j’ai un mouton à réaction dans mon œil. » Et ça, c’est une belle conclusion.