texte et photo: Yves Saint-Pierre

Une lanterne posée sur une valise, une chaise grise, un mur de brique. Décor tout simple, mais qui nous met dans l’ambiance. Ce décor révélera plus tard des accessoires : un fantôme, un pantin de grands personnages, mais ça, on ne le sait pas tout de suite.

François Lavallée installe un espace sonore particulier. Les effets sonores créent en soi de petites histoires. Le ruine-babine fait danser les feux-follets. La guimbarde fournit un intermède musical qui permet de passer d’une histoire, d’une humeur à une autre. Même les noms des personnages sont choisis pour leur sonorité : Éric le porc-épic, Alain branche de sapin. Géraldine deux pieds dans la même bottine. Et puis il y a le silence : silence lors d’un geste allongé; silence en attente d’une réponse du public, sans avoir peur de poser la question de nouveau.

Il vérifie souvent auprès des enfants s’ils ont peur. Ce sont des braves. « Tant pis pour vos oreilles si vous n’êtes pas des peureux ou des pissous, parce que cette histoire, je vais vous la raconter pareil. »

Le conteur manie aussi une gestuelle élaborée. On voit très bien le porc-épic, la porte, le rebord de la maison. On dit que les conteurs se donnent corps et âme. Chez François, on voit tout à fait l’impact du corps.

François nous dit : « Tout ce que ça prend pour conter une histoire, c’est une bonne histoire, un conteur pas pire, et un excellent public ». Modestie du conteur. Vérité lorsqu’il s’agit du public qui doit bien sûr être présent, mais que le conteur façonne et transforme, le temps d’un spectacle.

François a séduit les enfants et les parents tout en abordant des thèmes comme la peur, le bonheur et la tristesse. Tous auront de bons souvenirs de ce spectacle et retiendront sans doute certaines leçons.