par Jean-Sébastien Dubé

C’est l’histoire de Gilgamesh, roi-tyran d’Ourouk, qui rencontre son rival, puis ami, Enkidu, l’homme sauvage. Après qu’ils aient accompli divers exploits ensemble, Enkidu mourra. Le chagrin du roi n’aura d’égal que sa terreur de subir le même sort. Dès lors, Gilgamesh se mettra en quête du moyen d’atteindre l’immortalité.

Gilgamesh, Enkidu, Houmbaba, Ishtar, Outanapishtim, Arourou, Shamash, Ninsun, etc.

On n’est plus à Sherbrooke, le 23 avril 2016, mais bien quelque part dans les steppes de Mésopotamie, au fond des âges. …À une époque où les dieux marchaient et s’accouplaient avec les humains.

Curieux objet que ce spectacle : s’agit-il d’un « récit polyphonique », d’une « mise en lecture » ou simplement d’une exploration de nouvelles façons de conter? Comment raconter une histoire vieille de 5000 ans? Jean-Sébastien Bernard, Frank Sylvestre et Nadine Walsh s’y prennent à trois. Trois voix, trois micros, trois lutrins. Chacun sa partition. Parfois, les trois nomment les dieux à l’unisson. Le plus souvent, à tour de rôle, l’un narre pendant que les deux autres créent une ambiance sonore, répètent inlassablement un ou des mots-clés qui rythment un combat, un effort, une étreinte.

Ils disent, déclament, chantent, psalmodient, scandent, crient, percutent, halètent, murmurent, soufflent cette épopée. De la douceur de la séduction jusqu’au fracas de la bataille, l’intensité varie constamment. Ce faisant, les trois interprètes insuflent dynamisme et modernité à l’histoire, tout en conservant sa dimension intemporelle. Transcendante.

Après la prestation, les artistes admettent volontiers que ce spectacle-laboratoire évolue au fil des représentations. On a hâte de voir jusqu’où Gilgamesh les emmènera.