par Ako Millette

À Sutton, Les jours sont contés font une incursion dans les Cantons de l’Est, au resto Le Cafetier, où les murs se tapissent de tableaux et les grandes vitrines donnent sur la rue Principale. Gigi Bigot et Pépito Matéo se présentent devant un public semi-captif, ceux qui sont venus les entendre et les ambulants qui viennent pour manger. Bruits d’ambiance: portes qui grincent, bouteilles qui s’entrechoquent, enfants qui s’exclament, rien n’y fait. Pépito et Gigi, duo millénaire dynamique et complice, jouent avec tout. Loin d’être dérangés, leurs contes s’intègrent et s’adaptent à la mouvance du lieu. D’un naturel déconcertant, ils jouent de leurs atouts; simplicité, mimiques, jeux avec le public, de vrais pros.

Gigi, engagée dans une démarche de maîtrise, ne conte plus maintenant que sur demande, pour les amis. Elle nous présente la Bretagne, son pays natal, à travers ses mots et ses expressions. Quant à Pépito, il introduit ses parents espagnols dans un langage mixte et enjoué, un chassé croisé entre le français et l’espagnol. Puis s’ensuit une série de contes dans un rythme ininterrompu où les personnages aussi colorés que leurs histoires jouent entre la gravité et l’imaginaire.

Tout près des conteurs, un enfant de neuf ou dix ans, spectateur attentif, se délecte autant des contes que de son assiette. Lorsque Pépito se sert de sa salade pour illustrer son conte, l’enfant se retrouve avec un plat un peu trop salé qu’il ne mangera plus. Pas grave! Il demeure enchanté comme nous tous qui avons grandement apprécié.

S’ensuit une deuxième partie, non moins intéressante, où les conteurs locaux s’en donnent à cœur joie sur l’élan de ces maîtres du conte.