par Evelyne Papillon
photo: Perla Garcia

La Française nous fait voyager de la vie intra-utérine jusque dans la quotidienneté de l’âge adulte, et ce, de la Bretagne à l’Algérie. Elle nous apprend que Dieu a créé l’homme pour qu’il lui raconte des histoires et nous conte même sa préférée. La conteuse s’autoproclame «divine créature», rien de moins, puisqu’elle a la mission très importante de créer des histoires.

Elle y va de quelques contes mythiques comme pourquoi les zèbres sont rayés ou pourquoi la lune a des taches. Elle est vive, use du jeu de mots par moment, nous fait même chanter en chœur «Il est né le divin enfant» et nous fait éclater de rire régulièrement.

Plus le spectacle avance, plus elle emploie du vocabulaire en gallo comme «bounoumme, bounefemme» (bonhomme, bonne femme), «chez ma» (chez moi) ou «cit» (cidre). On sort donc du spectacle avec quelques connaissances langagières en plus.

Après nous avoir dilaté la rate, elle sait nous toucher avec Madeleine, une bossue rejetée par son village, suivi de Blanche-Neige à la sauce nazie, l’émotion bien palpable. Puis, elle y va d’une savoureuse histoire de paysans chez qui un «pourciau» (cochon) fait tout un ravage, alors que l’homme remplace la femme au foyer. Les débuts du féminisme découleraient même de cette histoire…

Bien que le thème religieux revienne quelques fois, l’ambiance n’a rien d’austère et amène un grand sourire. S’il faut retenir un conseil de Gigi Bigot, c’est «Quand vous avez un péché à faire, faites-en deux pour équilibrer les sacoches.»