Elle et mon genre

138 rue Wellington Nord, Sherbrooke

15 mars 2018, 20h

Elle et mon genre nous parle de la réalité que subissent les femmes dans notre société.

Il semblerait que la lutte pour les droits des femmes en occident soit dominée par ce qu’on pourrait appeler le syndrome du « nous le savons déjà », qui nous invite d’un côté à tourner vite les pages, et de l’autre à investir notre indignation dans ce qui se passe dans d’autres cultures – car dans la nôtre, « nous le savons déjà », nous avons déjà beaucoup avancé. La représentation qu’on se fait d’une injustice est déterminée par le regard qu’on y porte. Il nous faut donc provoquer, secouer et réveiller notre regard, il nous faut ôter la couche de poussière qui couvre ce que « nous savons déjà » et redécouvrir les femmes dans toute leur grandeur et avec toute la considération qui leur est due.

Elle et mon genre présente une série de contes sur des thèmes comme la maternité, la violence ou la dictature du complexe mode-beauté; parfois ces contes, par le biais de la fantaisie et de l’improbable, s’éloignent de la réalité pour mieux se rapprocher d’elle.

Elle et mon genre propose un regard sur la réalité des femmes. C’est, certes, le regard d’un homme, blanc en plus, hétérosexuel en principe, avec un passeport européen, résident belge et de surcroît cata- lan! Mais ce regard, mon regard, est comme mon identité, toujours à la merci de l’empathie, car si je suis Alberto Garcia, il m’arrive d’être Salvador Allende, il m’arrive d’être Palestinien, ou d’être noir, Indien ou homosexuel, il m’arrive d’être le jeune homme qui cherche son premier emploi, l’handicapé devant un ascenseur en panne, la femme agressée qui cache un bleu derrière une mèche de cheveux, l’enfant lors de son premier jour d’école ; j’étais Charlie, et je serai toujours Hiroshima et Auschwitz.

Dans ce sens, et même s’il appartient en premier lieu aux femmes d’être les architectes de leur propre « libération », je suis les femmes, nous sommes les femmes. Les injustices qu’elles subissent sont ancrées dans les tripes de l’humanité entière, elles sont « nos » injustices et nous, hommes et femmes, ne pouvons pas y être indifférents, puisque la lutte pour les droits des femmes est intimement liée à la lutte pour les droits de l’humanité.

spectacle-bénéfice: 40$