par Petronella van Dijk
photo: Petronella van Dijk

La salle du Réfectoire est pleine. Tout un groupe de jeunes, quelques enfants, et puis les autres. Les habitués, les conteurs, les amis du conte. Ils espèrent le conteur, celui qui, depuis une bonne décennie, nous illumine avec sa parole. Jihad Darwiche.

Quand il arrive sur scène, son premier geste est d’allumer sa chandelle.

Cette petite lumière fragile et vacillante est sa compagne depuis si longtemps, peut-être même depuis cette époque si lointaine où l’humain était encore dieu parmi les dieux.

Cette époque où cette lumière-là, si rare, était un trésor inestimable. Un trésor qu’on se passait de mère en fille, de mèche en mèche, en veillant à ce que surtout elle ne s’éteigne jamais.

Or les contes sont comme la flamme d’une chandelle. Des trésors inestimables, qu’on se passe… qu’on partage en veillant à ce qu’ils ne disparaissent jamais.

Et le partage, Jihad Darwiche connaît. Tel le Verdoyant, il nous a offert des vérités, des sa­gesses, des étoiles bleues, des derviches, des babouches, des rires et encore des babouches… des récits millénaires toujours actuels. Des histoires lumineuses.