par Ninon Chénier
photo: Maïa Pons

L’impact de sa dernière visite au festival en 2014 fut d’une telle intensité qu’une poudre d’escampette a fait son chemin jusqu’au Réfectoire du Centre d’art de Richmond en 2015.

Didier Kowarsky revient donc en précisant que ce soir, la formule sera différente. Il entre et enseigne à son public comment réagir en utilisant des photos accrochées sur les murs. Dans un silence éphémère, ses gestes de magicien ferment et ouvrent les lumières. Et pourtant il fut touché par la présence d’une sorcière devant une maison hantée sur sa route, y voyant des liens attachés au Réfectoire.

Didier Kowarsky est un personnage d’une grande intensité parce qu’habité par de multiples personnages qui vivent autant la joie que la peur, la colère destructrice, l’inquiétude. Chose étrange, chaque histoire est un mouvement d’une intensité grandissante et paradoxalement contenu dans une énergie fluctuante et réservée. Malgré son intensité, sa voix demeure stable. Malgré le caractère tragique de certaines histoires, la gestuelle, les mimiques sont sculptées dans une énergie parfois fluide, parfois saccadée. Il sait émettre une émotion tout en contenant son expression tant dans la voix, que dans les gestes, que dans le déroulement de l’histoire et ce, sans priver son public des enjeux parfois dramatiques de l’histoire. Didier Kowarsky compose avec son public car plusieurs de ses histoires naissent ou se développent dans ce contact parfois très direct et souvent d’une intense subtilité. Lorsqu’une histoire naît, son développement sera basé sur l’échange d’énergie qui nourrit son imaginaire. Et même si cette histoire s’arrête comme suspendue dans l’espace, elle est accompagnée de gestes, de mots, d’une voix qui se balance sur une portée sans éclat. D’un personnage à l’autre, on visite de multiples univers via ce pont d’énergie. Didier Kowarsky a sa façon unique de créer un contact subtil avec son public, qui l’inspire ou qui, parfois, suspend un déroulement d’histoire pour une prochaine fois.