par Marie-Noëlle Doucet-Paquin

On est à la maison, ça se sent. Cette Maison des arts de la parole accueille pourtant pour la toute première fois les quelques familles présentes. Toutes les oreilles sont tendues pour entendre l’histoire de Barbe rouge le lutin voyageur. La magie du conte opère; on se rassemble pour écouter, pour entendre, pour apprendre de celle qui nous raconte ce qu’elle sait.

C’est ainsi que « celle qui sait » nous révèle où se situe le pays des lutins. Petronella nous indique le chemin, question qu’on puisse y aller quand on voudra avoir des nouvelles de ceux qu’on découvre en ce matin d’hiver. En moins de deux, les lutins, c’est notre famille! On sent qu’on les connaît depuis toujours et qu’on les a déjà visités dans leurs coquettes maisons-champignons. On a vécu parmi eux durant quelques minutes. On a eu un bonnet rouge nous aussi, on a chanté, dansé, on a vu l’effrayante sorcière se faire chatouiller, on a vu Vieux-Vieux tomber de fatigue… On a rêvé, tout simplement!

Et le conte est fini.
Il fait froid dehors.
Dedans, avec notre chocolat chaud, on rêve de se transformer en petit moineau peureux pour, nous aussi, pouvoir voyager avec le lutin Barbe rouge. Est-ce qu’on doit vraiment attendre toute une année pour faire la connaissance (dans un autre conte) de Mathilde, cette fée à secourir?
Cette vie est vraiment trop injuste!