par Amélie Aubé Lanctôt

Lors de la première soirée du festival du texte de court, les spectateurs qui étaient présents au Art Focus pour le Cabaret Well-King, ont eu droit à une soirée plus que délirante. Le festival ayant pour thème « Mémoires », la directrice artistique Sophie Jeukens a donné le feu vert à ses deux artistes invités pour qu’ils ressortent leurs fonds de tiroirs d’adolescence.

L’artiste montréalaise Catherine Cormier-Larose, bien connue du milieu de la poésie au Québec, a débuté la soirée en téléphonant à une personne de l’auditoire pour simuler ce à quoi ressemblaient ses éternelles conversations téléphoniques avec sa « best friend » : « Ouin… Faque, c’est ça… Ha! Pis tu manges quoi à soir? » Plus tard, elle nous lit non seulement ses carnets de poésie de jeunesse, mais également ceux de poètes de la jeune génération ayant déjà publié, dont Érika Soucy et Marc-Antoine K. Phaneuf. De quoi nous montrer que le pathétisme qui incombe souvent à cette période de l’âge n’épargne personne, même les meilleurs poètes.

De retour pour une deuxième année consécutive au festival, l’artiste Pascal-Angelo Fioramore nous a fait l’honneur de performer, d’une façon tout à fait délirante, des textes issus de son défunt groupe de hip hop les Lazy Boys. Accompagné d’une beat machine et accoutré d’une robe de chambre rose bonbon et d’une jaquette un peu douteuse, l’ancienne star de salon tournait sur lui-même pour la danse des « matantes » et dénonçait dans un texte ponctué d’originaux « Yeah… Yeah! » si communs au rap, les partys de « planchers vernis ».

Enfin, on peut dire qu’avec cette soirée, le festival du texte court part en grand et donne le feu pour que la poésie de cette fin de semaine se vive comme un grand party.

photo: Aurélien Marsan