par Marianne Verville

Confortablement installés sur des coussins, divans, chaises et autres supports, nous étions bien plus d’une vingtaine à avoir accaparé le pourtant grand salon sis rue Laurier, au centre-ville. Petits et grands étaient venus, et le conte s’est fait multigénérationnel. Les cinq conteurs, Jean-Sébastien Dubé, Michel Fisch, l’hôtesse de la soirée Marine Pouyfaucon, Simon Venne-Landry et Petronella, nous invitaient pour ce dernier des spectacles de salon à entrer dans l’univers de Nasreddine.

Nasreddine, comme ils l’ont présenté, c’est le sage qui était fou ou le fou qui était sage, on ne sait pas trop. Tout ce qu’on sait, c’est que les histoires de Nasreddine ont parcouru l’Orient, le Maghreb, puis le monde, depuis que cet homme a vécu vers l’an 1200, peut-être en Turquie, peut-être en Irak, et franchement ça n’a pas vraiment d’importance. Les conteurs nous ont donc régalé pas d’une seule histoire, mais plutôt de plusieurs petits récits souvent à saveur morale, souvent absurdes, voire coquins, qui font rire avec légèreté. On s’amuse bien de ces histoires, on se dit qu’on aurait dû le voir venir, et puis non parce qu’il y a un plaisir à se laisser surprendre et embarquer dans l’univers de Nasreddine, sa femme, son voisin, son âne et tout le voisinage.

Notre quintette du jour a bien travaillé sa prestation, cela paraissait que le spectacle a été monté en groupe, ça coulait, fluide entre les conteurs assis à différents coins de la pièce, et la soirée a passé tellement vite! Certains conteurs avaient leur créneau d’histoires, comme Simon Venne-Landry avec l’âne de Nasreddine, Petronnella avec Kadidja, première épouse de Nasreddine, et Marine Pouyfaucon avec des histoires autour de la nourriture. Jean-Sébastien Dubé et Michel Fisch ont raconté des histoires plus diverses, mais qui permettaient souvent de faire un lien logique entre les histoires, passant de la barque à la rivière, de l’âne au marché, du voisin Mustapha aux enfants de celui-ci, etc.

Et comme il existe des milliers d’histoires de Nasreddine, enfin j’estime, même les vétérans des contes se sont régalés et ont découvert de nouvelles histoires, parole de Michel Faubert. Salutations à la prestation de baladi de Marine Pouyfaucon, une hôtesse qui s’est franchement donnée pour ravir les spectateurs, au gâteau oriental de Petronnella, dont j’aurais bien pris plusieurs morceaux, et au thé à la menthe préparé par la charmante Maïa, également préposée aux effets spéciaux (eh oui!) Bref, je suis sortie comblée par ce dernier spectacle de salon (snif!), et les nombreux spectateurs aussi, à n’en point douter par les sourires sur les lèvres des petits comme des grands.