Texte: Audrey Bacon
Photo: Sophie Jeukens

Une trentaine de courageux et courageuses se sont réunis devant le parc de l’Ancienne-Prison, chaque jeudi, entre le 18 juillet et le 1er août. Après quelques minutes d’attente, le groupe se fait approcher par Éric Gauthier, conteur responsable de leur donner la frousse. Celui-ci annonce alors que le groupe doit se diriger non pas dans le parc adjacent à la prison, mais en son enceinte. Oh, et pas n’importe où dans son enceinte.

Après que tous les spectateurs se soient déposés devant un haut mur de brique gris et rugueux, le conteur annonce que c’est à cet endroit même que la potence était autrefois aménagée, sur le même sol qui accueillait maintenant une trentaine de chaises de camping. Les temps changent.

Éric Gauthier crée rapidement un lien chaleureux avec le public, tout en simplicité et en souvenirs, se remémorant les histoires de peur que ses amis et lui se racontaient jadis. On se rappelle celle de la jeune fille au ruban de velours, qu’elle garde noué autour du cou à toute heure de la journée. Le conteur partage aussi avec le public l’histoire de Monsieur Ford, le vieux fêlé dans le bungalow d’à côté. On peut parier que plus personne ne s’aventurera dans un cimetière au milieu de la nuit avec seulement un clou et un marteau pour se défendre.

À ce moment, on change de ton, on change de continent. Les spectateurs et spectatrices se retrouvent en Écosse, il y a très longtemps de ça. On fait la connaissance de McPhee, des fairies, d’un gros chien paresseux et de trois pauvres américains qui ne sont pas vraiment au fait du bon voisinage de mise en cette contrée.

De retour dans notre coin de pays, Éric Gauthier nous parle de St-Amand le quêteux et de la nuit qu’il a passé chez une grande famille en campagne. Tout porte à croire que tout se serait découlé comme à l’habitude, si ce n’était pas de l’arrivée d’un vendeur itinérant et de sa queue de loup-garou !

Enfin, on se retrouve une dernière fois dans les souvenirs du conteur, de retour en Abitibi avec Ti-Tom, Stéph et Jean-Luc. Qu’est-ce qu’un jeune cœur amoureux ne ferait pas pour l’élue de son cœur ? Ti-Tom, en tout cas, n’hésita pas à confronter l’orignhomme de son village avec toute le courage de l’enfance et l’aide d’un ours pas trop réveillé.

Enfin, en revenant chez eux et elles, on peut parier que les courageux et courageuses n’avaient qu’un souci : éviter les murales du regard, de peur d’apercevoir le visage du petit garçon qui y habite…