texte et photo: Aurélien Marsan

Un craquement. Celui de la Maison des arts de la parole dans le silence d’une écoute subjugée par la rencontre d’une poète et d’une contrebasse. Celui de la contrebasse justement, dont on joue sur la tension d’une corde comme on joue sur la nôtre, sensible. Celui d’un lecteur jaune à cassettes, qu’on joue et rembobine pour jouer à nouveau, machine à voyager dans le temps, suspendue à l’intersection des générations dans un grésillement qu’il fait bon redécouvrir.

M’entends-tu ? ça grésille, ça craque, l’espace et le temps. Redéroule le fil d’une histoire que chacun peut lire à sa manière. Il y est question d’un père, d’une mère, d’un grand-père, au gré des oreilles qui écoutent et des ventres qui résonnent. M’entends-tu ça rappelle pourquoi la poésie c’est bon à entendre, un voyage entre nostalgie, pleurs, sourires et rires d’enfants. Ceux d’un adulte et d’un nouveau-né. Ça chantonne du beau, du triste, ça chantonne la vie. Telle quelle. Authentifiée sur une bande magnétique, et résonnée dans le volume d’une maison qu’on a bien de la chance d’avoir à Sherbrooke.

M’entends-tu, je t’entendrais encore.