Texte et photos par Josée Courtemanche

Tokyo – histoires dans la mégapole japonaise
du conteur Pascal Mitsuru Guéran

Dès le début, à l’aide d’une bande sonore, le conteur nous invite à prendre le train – un moyen de transport très fréquenté au Japon – et à descendre avec lui à la gare de Tokyo. Une belle façon d’emporter rapidement les spectateurs loin, loin de leurs chaises. Habilement, le conteur place les prémices de la première histoire sur le quai d’une gare, justement.

Le conteur est lui-même un croisement entre le Japon et la Belgique. L’Asie et l’Occident. Bien qu’il ait grandi en Belgique, ses premiers mots d’enfant étaient en japonais, grâce à sa mère. Plus tard, une fois bien entré dans la vie adulte, il ira à Tokyo pour s’imprégner de ses racines nipponnes.

Pour ce spectacle, Pascal Mitsuru Guéran puise dans les répertoires des contes traditionnels japonais et des contes zen. Il s’inspire aussi d’une nouvelle contemporaine. Dans tous les cas, il revisite le conte, y ajoute sa sensibilité pour nous offrir une nouvelle version bien ancrée dans le présent et ses préoccupations quant à l’évolution de nos sociétés : un employé qui ne veut pas se transformer en marionnette, un samouraï qui abandonne ce qui s’avèrera son plus précieux trésor pour rechercher la richesse, une femme qui vit à travers le regard d’un homme, un joueur de pachinko (jeux de hasard) qui devra apprendre à méditer pour guérir d’un étrange mal.

Le résultat donne un spectacle où le passé rencontre le présent. Où le spectateur occidental se reconnaît dans les personnages et leurs enjeux même si l’histoire se déroule à Tokyo. Au passage, on y apprend quelques détails à propos de la culture nipponne. Ce qui rend l’ensemble exotique et familier tout à la fois.

Pascal Mitsuru Guéran offre une prestation précise, où rien n’est laissé au hasard. Il en dit juste assez pour qu’on le suive dans les rues de Tokyo tout en laissant l’espace au spectateur de fabriquer ses images. Ses histoires portent un regard tendre, sensible et poétique sur le monde. D’autres ingrédients contribuent au plaisir des spectateurs : sa voix enveloppante, des dialogues vivants qui ajoutent du rythme et un instrument de musique, le hang, aux notes rondes et douces permettant une agréable pause entre les contes.

Vous aimeriez assister à l’un de ses spectacles? Il est au Québec pour quelques semaines. Dès la fin septembre, il sera au Festival international Contes en Îles aux Îles-de-la-Madeleine, ensuite vous pourrez le trouver à Trois-Pistoles au Festival de contes et récits de la francophonie. Il sera aussi à Montréal le 7 octobre prochain aux soirées Les Dimanches du conte avec son dernier spectacle Les évaporés du Japon – Récits de disparitions volontaires.