Par Evelyne Papillon

Clôturer la magie…

Lors du spectacle de clôture de la 24e édition du festival Les jours sont contés, nous avons passé un bon moment avec Mike Burns, Stéphanie Bénéteau, Jeanne Ferron et Nidal Qannari. Il y en a eu pour tous les goûts et ce fut mémorable. Nous avons déjà hâte à la 25e édition.

Conteur depuis plus de 50 ans, le grand barbu Mike Burns, aux origines irlandaises, a résidé à Montréal, puis dans le Maine. Il sait donc conter en anglais, en français ainsi qu’en gaélique et au-delà des langues, c’est sa justesse et sa sincérité qui ressortent. Cette fois, il a d’abord poussé la chansonnette en anglais. Il y est ensuite allé d’un conte en français où son humour pince-sans-rire a fait mouche. Comme quoi le pipi nocturne fréquent pouvait causer bien des émois dans les années 1800…

Stéphanie Bénéteau, née d’un père franco-ontarien et d’une mère américaine, a passé sa jeunesse en Italie. Elle affectionne particulièrement les histoires touchant les femmes. Cette fois, elle nous a fait connaître la mythologie grecque antique à travers l’origine de la Grande Ourse. Douce et posée, la conteuse aborde les sujets dramatiques de l’existence tels les naissances dangereuses, le viol et le matricide. La cruauté des dieux n’a d’égal que la beauté des histoires qu’ils ont engendrées.

La bête de scène Jeanne Ferron, originaire de la Beauce en France, a touché à l’écriture, au cinéma, au théâtre et au conte. Cette fois, elle nous a présenté un conte originaire des Philippines, Blanc-Boudin, soit la demi-sœur de Blanche-Neige. Dans un dynamisme et une drôlerie sans fin, elle nous décrit les sept bossus, équivalent moins flatteur des sept nains. C’est ce qui arrive quand on ne va pas du bon côté de la montagne… Ces êtres tous plus dégoûtants les uns que les autres, Crémeux, Jutteux, Verreux et leurs frères font sourire. Madame Ferron se plaît à incarner les personnages et nous embarquons dans son délire de compote de pommes empoisonnées. Plus tard, Mme Ferron occupera l’espace avec un conte-chanson absurde digne des ritournelles de Philippe Katerine. Nous y ferons la connaissance de Raymond, sa femme, leur maison, ses matériaux, les animaux environnants, le cimetière, alouette.

Nidal Qannari a une formation en théâtre qui rend ses performances précises et très vivantes. Il a reçu pas mal de dons de sa fée marraine : il conte, il danse, il est charismatique et il sait autant émouvoir que faire rire. Il nous a servi un conte se situant en 1942 sur les origines du doigt d’honneur. Le personnage principal, Baptiste-Adrien, danse dans l’opéra que viennent voir les Nazis et souhaite s’allier à la Résistance. Il développe alors un système de communication cachée basé sur des chorégraphies qu’il crée. La musique du Lac des cygnes accompagne une performance très physique de Qannari qui nous tient en haleine jusqu’à (pardonnez-moi le qualificatif surutilisé) une finale épique.