Par Audrey Bacon

Avant toute chose, il est important de souligner l’artiste de cette soirée. François Lavallée est un artiste de grand talent, généreux et authentique. Ses yeux se mettent à briller dès qu’il prend la parole et gardent leur éclat jusqu’à la toute fin, où le public ressent sa sincérité, partage son émoi. Entre conteur et comédien, il réussit à conter et à jouer avec justesse, oscillant entre ses deux rôles et adaptant l’un à l’autre aux besoins du récit.

Débutant la soirée par le conte traditionnel de la bonne femme Misère et de son chien Peine, Lavallée nous offre sa propre version, très humaine, de cette histoire vieille comme le monde, vieille comme la bonne femme et son chien.

Ce conte laisse alors place aux souvenirs, ceux d’un jeune François, à peine âgé de 10 ans en 1986. Mélange de mémoires et de fiction, cette histoire est la sienne, oui, mais aussi celle de Martin, celle de Pierre et de Julie. Relatée du point de vue d’un enfant, elle raconte les montagnes de neige dans la cours d’école et les solitudes d’enfants, le roi de la montagne et le grand méchant loup, l’amitié et la peur.

Impossible de retourner à la réalité immédiatement après les dernières paroles, le dernier silence. C’est un récit troublant et émouvant que l’artiste livre au public, un récit qui s’imprègne dans l’esprit de tous. Chacun le digère à son rythme. Une chose est certaine, on ne peut pas ressortir de ce conte indifférent, on se laisse guider et on embarque jusqu’au bout dans l’émotion.