Par Stéphanie Ratovonarivo

Si vous vous demandez toujours pourquoi les maisons aux  îles de la Madeleine sont aussi colorées c’est sûrement parce que vous n’avez pas entendu les deux histoires suivantes. Celle d’un garçon pas très doué qui voulait attraper un bout de ciel bleu dans ses filets et celle d’une gang de madelinots tannés de se faire voir la vie en noir par un curé austère et ronchon… Intriguant n’est-ce pas?

C’est en toute simplicité que Nicolas Landry nous a ramené au cœur des îles, dans ses maisons, dans ses quais, dans sa paroisse, vers ses gens. Il nous a expliqué la subtilité de certaines expressions, les traditions avant d’aller en mer, les superstitions liées au nombre de corbeaux qui siègent sur votre corde à linge…

Des anecdotes qui n’ont pas manqué de faire rire toute l’assistance.  Dans le public, des personnes de tous âges et de divers horizons.  Pendant près d’une heure et demie, nous n’étions plus dans la reine des Cantons-de-l’Est. On pouvait sentir l’air marin qui titillait notre nez, on pouvait sentir les gouttes qui venaient des vagues, il commençait même à faire un peu frette quand Nicolas Landry nous décrivait les bourrasques.

Même si je n’y ai jamais mis les pieds, je les ai bien imaginées ces îles-là. Le conteur nous a décrit les marées, le vent, le ciel, la lune et les étoiles. Après tout, la mer c’est juste le ciel à l’envers ! Il nous a aussi parlé de ses habitants et de ces vieux loups de mer aux rides aussi marquées que les crevasses sur le St Laurent gelé.

Je me suis prise d’affection pour ses personnages, des rêveurs au grand cœur.  Un Joseph qui a quitté le vieux continent pour une vie meilleure. Un Théo qui voyait toujours le monde d’un autre œil. Sur un ton léger mais avec beaucoup de poésie Nicolas Landry nous ramène à l’essentiel : l’espoir et la liberté.