Par Claire Jean

La petite dame en noir

L’Écosse, pays de montagne, de kilt, de boisson forte et de caramel écossais. Terre de rêve et de cornemuse. Une petite femme en robe noire, bien coiffée entre sur scène. On ne sait pas à quoi s’attendre.

« Ça s’est passé au royaume d’Écosse »…

Et nous sommes emportés, captivés par cette histoire de meurtres, de pouvoir, de prophéties et de sorcières.

Jeanne Ferron choisit de raconter cette œuvre de Shakespeare avec toute sa passion et sa fougue en créant des personnages incroyables. Elle se transforme tantôt en sorcières, tantôt en jardinier qui ressemble à Louis de Funès. Elle fredonne pour créer des ambiances glaciales, coquines ou démentes.  Par moments, elle est d’une douceur désarmante et à d’autres moments, elle devient diabolique. Les sorcières font apparaître des fantômes dans un chaudron fumant et on sent presque l’odeur fétide de cette mixture maléfique.

Elle est seule sur scène et elle est 1000 personnages. On plonge dans les grands archétypes de l’humanité et on en sort ravis, enchantés et remplis d’images plus grandes que nature.

Jeanne Ferron maîtrise la scène, la voix, l’espace et le rythme.

Je pense à Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, merveilleux acteurs français d’un autre temps. Et je me dis qu’ils auraient eu un plaisir fou à jouer ensemble.

Myriam Pellicane nous l’avait dit: » il faut voir Jeanne Ferron. Elle a l’air de rien, mais attention! »

Merci Myriam, merci Jeanne et merci au festival. On y fait des découvertes surprenantes et on adore ça.