Par Marise Robillard

Déjà, le titre m’interpellait.  L’idée d’entendre des histoires ponctuées de sons m’enchantait avant même d’y être…  Et croyez moi, je ne fus pas déçue!  Anne Borlée, envolée de la Belgique jusqu’à nous, nous en a fait voir de toutes les couleurs, mais surtout, entendre plein les oreilles. 

Devant un large public (je vous rappelle qu’il est préférable de réserver votre place pour tous les spectacles du festival… ;), âgé entre 1 et 99 ans (ou presque), entre les murs de la bibliothèque Éva-Sénécal, Anne Borlée nous a littéralement rempli les oreilles!  D’abord, une chanson pour attirer les histoires, puis l’incantation du cercle magique afin de protéger cet espace sacré dans lequel les histoires passent de la tête de la conteuse à la nôtre… 

Résonnent encore en moi,  la voix forte de Botok et le son de son poing frappant fièrement sa poitrine aussi grosse que celle d’un cachalot; le chant des oiseaux royaux qui jamais ne mentent et révèlent les défauts; le galop des chevaux et leurs hennissements; la voix séduisante et railleuse du prince; et même le son du rougissement des joues de Miette, la bergère, devant ledit prince…  Sans oublier la vieille Léa, pleine de sagesse et de bon sens, qui craque de partout!

De belles histoires, sans âge et de tout public, le tout, ficelées ensemble par le son de la harpe harmonieusement jouée par la conteuse…  Un cadeau, vraiment!  (Soit dit en passant, je suis du genre à aimer prendre une minute entre deux histoires, afin de laisser la première bien se déposer en moi.  Quand je n’ai pas cette petite minute, je me sens comme… gavée.  Chaque merveilleux moment musical m’a permis, à moi et certainement à d’autres aussi, de savourer et d’accueillir pleinement chacune des histoires.)

Anne Borlée n’est point un grand écran géant, comme elle nous l’a fait remarquer en introduction, mais elle est tout aussi captivante… Sinon plus!

« Où es-tu l’histoire, je te cherche dans le noir.

   Es-tu sous mon pied, ou dans les trous de ton nez? »