Par Marine Pouyfaucon

Il était une fois.

Ou plutôt…

Elle était une fois.

Non…. Attends. Oui, c’est ça :

Elles étaient une fois.

 

Elles étaient une fois cinq femmes. Cinq conteuses. Aussi belles qu’elles sont différentes.

La silhouette élancée, le corps menu, petite, grande, les formes généreuses. Maquillée, au naturel. Drôle, mystérieuse, poignante, sage, enjouée… Les cheveux bruns, gris, blanc, courts, longs, relevés. La voix claire, grave, chantante, sérieuse.

Mais toutes : l’œil pétillant, l’histoire solide et « le charme de celles qui, avec passion, suivent leur voie ». Oh que oui, j’ai envie de les suivre, moi aussi, sur cette voie pavée d’histoires.

Hier soir, ce collectif féminin du Cercle des conteurs des Cantons-de-l’Est a déployé sous nos yeux la grandeur et la beauté aux mille facettes de la femme. La beauté autant « à l’extérieur qu’à l’intérieur », comme précisé par Sylvie Proulx dans sa version québécoise de Cendrillon. La beauté, autant par ce qui émanait d’elles que des héroïnes qu’elles nous ont racontées.

Rêveuse, déterminée, patiente, résiliente, coquette ou muette.

Attendant son amoureux dans le silence, comme la princesse qui ne parlait pas contée par Petronella. Défendant sa liberté de choisir son époux, en feignant la mort dans la complainte Blanche comme la neige, ou même en tissant sans relâche dans le fond de son cachot des dentelles magiques, comme Marie Dentelle présentée par Christine Bolduc.

Capables aussi bien de faire vivre la nature au rythme des saisons comme la déesse grecque Déméter contée par Claire Jean, que de mobiliser tout un village pour sa survie comme Bacir dans le conte de Lynda Bruce.

Une soirée de célébration de toutes ces femmes fortes !

Je termine en m’inspirant d’une des citations que les cinq artistes nous ont offertes au cours de la soirée : que l’on soit homme ou que l’on soit femme, ce spectacle n’a pas dû laisser indifférent tous les spectateurs atteints d’âme.