Par Jan L. Munk

Déjà que la route que j’avais prise vers Dunham était d’un enchantement hors commun, mais l’accueil à la maison de Lynda Bruce nous préparait à ce qui allait venir.

Pas une, pas deux, mais six femmes nous ont conduit dans un monde médiéval de chants et de contes. Les ondulations et les timbres du chœur de ces trouveresses enivraient tout l’air de la salle. Ces chants non seulement rappelaient le si connu «À la claire fontaineuh», l’auditoire était appelée à faire partie du jeu.

Pour ce qui était des contes traditionnels dont le répertoire connu (frères Grimm, Perreault, Andersen) me semblait suffisant, le choix de ces versions et leur animation était pour le moins astucieux et de surcroit m’aura appris que la tradition n’est pas que publiée. Je me surprends encore d’avoir tant ri avec une version de «La belle au bois dormant» d’autant plus qu’il était question de cannibalisme et de grillade prévue pour les deux sœurs sans même ressentir un brin de culpabilité.

C’aura été le pouvoir du conte qui, dans sa compétente oralité, nous aura fait voyager au-delà du temps, dans l’intemporalité même, et qu’il éveille des univers insoupçonnés.