Par Stéphanie Ratovonarivo

Il commence avec une réunion de famille. En apparence, ça pourrait être comme ça chez vous, chez moi. Deux femmes s’échangent des banalités au-dessus du plat qui abrite le dernier biscuit de la table. Avec son verbe, Nidal Qannari nous transporte derrière le sens caché des mots. Il nous raconte une histoire où des petits pois prennent une dimension inattendue. Sérieusement ?… oui sérieusement. Habilement, il nous dresse un portrait de la nature humaine, ses pires instincts ou plutôt ses sentiments / pulsions les plus enfouis, vous laissant un goût amer dans la bouche.

Quand le spectacle affichait « pour les 15 ans et plus », je m’attendais à des références sexuelles et, éventuellement, à des affaires bien gores. Mais, étrangement, ses histoires ont un aspect bien attachant. Il y avait ce garçon, Martin, qui avait un attrait certain pour la sodomie avec des légumes. Oui, c’est cru mais son histoire finit en apothéose avec ce qu’on pourrait qualifier d’accouchement au masculin. La force d’évocation de Nidal nous a permis de vivre un moment intime et puissant.

Ne tombant jamais dans le grotesque, toujours teinté d’une pointe d’humour, Nidal nous a livré une très belle performance et des histoires originales tirées de son imagination débordante.

Les rires ont bien fusés. Si les lumières avaient été braquées sur le public, on aurait surement aperçu plus d’une paire de joues rouges. J’ai pris la peine d’écouter les commentaires de quelques spectateurs à la sortie. À 20h, la plupart d’entre eux imaginaient plein d’histoires et d’orientations pour le spectacle. Au final, aucun d’entre eux ne s’attendait à cela. Comme quoi, dans le milieu du conte, il y a toujours moyen d’être surpris.