par Marie-Noëlle Doucet-Paquin
photo: Martin Desautels

Première histoire, venue du sud de la France : celle d’une petite vieille (ça s’impose, la conteuse Françoise Diep les chérit). Cette vieille, avec l’aide de Jeantou (leur version de notre Ti-Jean), accomplit l’impossible. Elle répond à la question piège du diable et arrive à se sortir gagnante d’un pacte insurmontable qu’elle a conclu bien malgré elle.

Ensuite, avec un conte venu du Japon cette fois, la « démone à déjouer » est une certaine Oto Himé, dame en rouge, ensorceleuse à la manière des sirènes d’Homer. Anne-Marie Robitaille raconte comment Urashima Taro, prisonnier de l’île des immortels, sort vainqueur contre cette Oto Himé qui s’effritera en cendres à la fin du récit.

Ainsi, pour continuer le bal, la dernière conteuse nous transporte dans la cordillère des Andes, à l’origine du lac Titicaca, avec les Uros et leurs dieux. C’est dans cet univers magique que Véronique Suzanne met en lumière nos petits travers, nos gros défauts, les parasites qui envahissent nos esprits. Déjouant des démons tels que l’Orgueil, la Tristesse et la Richesse, ensemble, le Temps et l’Amour sortent gagnants.

Pour clore cette danse à trois conteuses, Françoise Diep refait vivre une autre vieille pour nous montrer simplement que la vulnérabilité gagne toujours devant les diaboliques prétentions de la force, la beauté et la magie.

Voici ce que j’ai retenu de ces quatre contes :

  1. Pas besoin d’être allé à l’école pour accomplir de grandes choses et avoir bien du bonheur.
  2. Il n’est jamais trop tard pour s’affranchir d’une aliénation.
  3. Le temps et l’amour, ensemble, peuvent tout.
  4. Un bébé nous révèle, chassant toute construction de l’ego.

Merci pour ces divines leçons!